Alors que Justin Trudeau entame une visite officielle en France, au cours de laquelle il doit s'exprimer devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre canadien n'a droit à aucun faux-pas, son image médiatique ayant largement écornée par le fiasco de ses récents passages en Chine et en Inde.

Justin Trudeau et Emmanuel Macron lors d'une rencontre du G20 en Allemagne en juillet 2017
Justin Trudeau et Emmanuel Macron lors d'une rencontre du G20 en Allemagne en juillet 2017 © AFP / IAN LANGSDON / POOL

Pendant cette nouvelle tournée internationale, qui doit aussi le mener au Pérou et en Grande-Bretagne, Justin Trudeau fait, entre Lima et Londres, une escale de 48 heures à Paris, pendant laquelle il doit prononcer un discours, mardi après-midi, devant les députés de l'Assemblée nationale. Une visite officielle qui se fera sur fond de nombreuses questions économiques, celle notamment du récent Accord économique et commercial global (AECG), conclu entre le Canada et l’Union européenne, mais aussi avec, sur la table, des dossiers tels que le climat, la Syrie ou les relations avec la Russie.

Justin Trudeau, dont la jeunesse, l'accès au pouvoir et les méthodes de communication se retrouvent dans le parcours d' Emmanuel Macron, doit s'entretenir dès lundi avec son homologue français. Dans le même temps, le Premier ministre canadien devra aussi s'employer à faire oublier les faux-pas largement commentés lors de ses dernières visites officielles, alors qu'il avait fait, depuis deux ans, un relatif sans-faute dans sa stratégie médiatique, démarrant son mandat avec une très bonne note sur l'échelle du cool en politique.

Maîtrise parfaite de l'égoportrait

Fils d'un ancien Premier ministre canadien (Peter Elliott Trudeau), Justin Trudeau a très tôt eu les faveurs des magazines, séduits par son profil d'acteur hollywoodien : père sexy au biceps tatoué, défendant des valeurs progressistes, comme la légalisation du cannabis, le soutien de la cause autochtone, ou celui des causes féministes ou LGBT (pour laquelle il est aussi capable de prononcer un discours d'excuses devant le parlement canadien, au nom de la nation entière), Trudeau s'est aussi positionné dès le début sur des valeurs d'ouverture et de multiculturalisme. 

Dans les pas d'un Barack Obama, il a parfaitement su tirer parti des réseaux sociaux, capables de disséminer cette image impeccable de gauche moderne. 

Ici, Justin Trudeau, en pleine séance de course à pied, fait du photobombing pendant une séance photo menée par des étudiants. 

Là, il participe à une émission pour enfants et fait un gros câlin à la mascotte en peluche qui l'anime, Gary la Licorne.

Bref, Justin Trudeau, n'a peur de rien... quitte à en faire un peu trop.

Des fois, ça dérape

Parmi les causes dont il prônait la défense au début de son mandat, certaines, pleines d'espoir au début, ont vite perdu leurs illusions : la cause LGBT, par exemple, déçue que le Premier ministre ne la mette pas à l'ordre du jour lors du prochain sommet du Commonwealth à Londres, qui regroupe des pays (Nigéria, Kenya, Rwanda, Pakistan ou Bengladesh) où les droits de la communauté homosexuelle sont bafoués. 

La cause autochtone, ensuite. Trudeau avait promis, quelques jours avant son élection, que les communautés indigènes disposeraient d’un droit de veto sur les projets de développement minier qui passaient par leurs terres. Il a pourtant, par la suite, validé des projets d’oléoducs refusés par ces mêmes communautés. 

Et puis il y a ces faux-pas difficiles à oublier lors de ses derniers passages en Chine, et particulièrement en Inde : un périple de huit jours, inhabituellement long, pendant lequel Trudeau et sa famille ont fait un véritable défilé vestimentaire de vêtements traditionnels, "trop indien même pour un indien", largement raillé par les commentateurs. 

Même sentiment de gêne lorsque le Premier ministre indien esquisse quelques pas d'une danse locale : 

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