[scald=24173:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Mouammar Kadhafi pourrait être autorisé à rester en Libye à condition de renoncer clairement à toute activité politique dans le pays, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères.

Un tel engagement du dirigeant libyen permettrait de déclencher le processus politique du cessez-le-feu, a dit Alain Juppé sur LCI.

Cette idée a été jugée "inconcevable" par l'écrivain-philosophe Bernard-Henri Lévy.

"J'entends dire qu'il ne veut pas quitter la Libye. Mais l'une des hypothèses qui est envisagée, c'est effectivement qu'il séjourne en Libye à une condition, c'est que très clairement il se mette à l'écart de la vie politique libyenne", a expliqué pour sa part Alain Juppé.

"C'est cela que nous attendons avant de déclencher le processus politique du cessez-le-feu, une grande convention nationale avec l'ensemble des parties prenantes", a-t-il ajouté.

Alain Juppé a insisté sur le fait que le cessez-le-feu, pour mettre fin aux combats qui durent depuis cinq mois, passait "par un engagement formel et clair de Kadhafi de renoncer à ses responsabilités."

Prié de dire si des négociations avec des émissaires du régime avaient lieu actuellement en France, il a répondu: "Non, il n'y a pas en ce moment à Paris de contacts."

"IMPENSABLE"

Bernard-Henri Lévy, qui assistait mercredi matin à un entretien entre Nicolas Sarkozy et les deux commandants militaires des insurgés libyens de Misrata, a estimé que l'hypothèse d'un maintien du colonel Kadhafi dans le pays ne serait jamais acceptée.

"L'idée est juste inconcevable. L'idée de Kadhafi restant en Libye ou même dans un pays limitrophe, même dans un pays voisin, est juste impensable. Ils ne l'accepteront jamais", a-t-il dit sur i> Télé.

Le département d'Etat a fait savoir de son côté que des responsables américains avaient rencontré des émissaires de Mouammar Kadhafi pour demander au dirigeant libyen de quitter le pouvoir, qu'il occupe depuis près de 42 ans.

Les Etats-Unis ont souligné que cette rencontre, qui a eu lieu en Tunisie samedi, ne constituait pas une négociation en tant que telle.

Le régime libyen s'est dit ouvert à des négociations mais a refusé toute condition préalable.

"Tout dialogue avec les Français, les Américains, les Britanniques est le bienvenu. Nous sommes prêts à discuter", a déclaré lundi Moussa Ibrahim, un porte-parole du gouvernement libyen, en faisant référence aux trois principaux pays impliqués dans les bombardements de la coalition internationale, entamés en mars sous mandat de l'Onu.

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé que l'Onu jouait un rôle central de coordination dans les discussions.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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