Dans sa première allocution à Wilmington auprès des supporters démocrates, Kamala Harris, première femme à la vice-présidence des États-Unis, a rendu samedi hommage aux générations de femmes qui ont "ouvert la voie" à son élection, assurant qu'elle ne serait "pas la dernière".

Kamala Harris le soir de la victoire annoncée pour elle et Joe Biden à l'élection présidentielle américaine
Kamala Harris le soir de la victoire annoncée pour elle et Joe Biden à l'élection présidentielle américaine © AFP / .

Si Kamala Harris était en blanc lors de sa première prise de parole après l'annonce des résultats, c'est qu'elle s'est inscrite dans une habitude qui remonte à plus d'un siècle pour les militantes féministes. La sénatrice démocrate était vêtue d'un tailleur blanc qui symbolisait le mouvement des suffragettes. 

Les militantes du début du XXe siècle avaient adopté la robe blanche comme signe de ralliement dans certaines de leurs manifestations. Le violet ou le vert ont également été les couleurs régulièrement arborés par les féministes. 

Les suffragettes manifestent à Washington en mai 1914
Les suffragettes manifestent à Washington en mai 1914 © Getty / .

Le vert et blanc sont les couleurs de la National Organization for Women (NOW). Les manifestantes portent du blanc, avec des rubans verts, violets et or aux couleurs du National Woman’s Party, qui a fortement œuvré pour le droit de vote des femmes et les égalités entre hommes et femmes. 

Il est fréquemment arrivé aussi à Hillary Clinton et à ses supportrices démocrates d'adopter des tenues blanches au moment de grand rendez-vous électoraux. En février dernier, les femmes démocrates du Congrès s'étaient déjà habillées de blanc lors du discours sur l'état de l'Union de Donald Trump.  Pour Kamala Harris il s'agit, avec un tailleur blanc, de s'inscrire dans cette tradition. 

Les membres démocrates du Congrés américain vêtues de blanc en février 2020 avant un discours sur l'état de l'Union de Donald Trump
Les membres démocrates du Congrés américain vêtues de blanc en février 2020 avant un discours sur l'état de l'Union de Donald Trump © Getty / Caroline Brehman

Un hommage à sa mère

Harris a aussi rendu hommage à sa mère, Shyamala Gopalan Harris, arrivée d'Inde aux États-Unis à l'âge de 19 ans. Militante pour les droits civiques, cette chercheuse, spécialiste du cancer du sein, est décédée en 2009.

"Elle n'aurait pas pu imaginer ce moment, mais elle croyait profondément en une Amérique où un moment comme cela était possible", a-t-elle affirmé devant la foule de supporteurs réunis à Wilmington, dans le Delaware pour fêter la victoire de Joe Biden.

"Donc je pense à elle, aux générations de femmes, noires, asiatiques, blanches, latinas, amérindiennes, qui ont ouvert la voie", a-t-elle ajouté. Elle a salué celles "qui ont sacrifié tant pour l'égalité, la liberté et la justice pour tous, y compris les femmes noires, qu'on regarde trop souvent de haut, mais qui si souvent prouvent qu'elles sont la colonne vertébrale de notre démocratie".

L'aboutissement d'un parcours de droits conquis pour les femmes

Kamala Harris, qui a multiplié les "premières" en devenant procureure générale de Californie puis sénatrice originaire d'Asie du Sud, a rappelé la longue lutte des femmes pour le droit de vote.

"Il y cent ans avec le 19e amendement, il y a 55 ans avec la loi sur le droit de vote et maintenant, en 2020, avec une nouvelle génération de femmes qui ont déposé leur bulletin dans l'urne et ont poursuivi le combat pour le droit fondamental de voter et d'être entendues", a-t-elle dit.

Célébration des 75 ans du 19e amendement de la Consitution américaine qui garantit le droit de vote pour les femmes
Célébration des 75 ans du 19e amendement de la Consitution américaine qui garantit le droit de vote pour les femmes © Getty / .

Elle a également rendu hommage à "l'audace" de Joe Biden qui a "brisé l'une des plus importantes barrières" de la société américaine en la choisissant comme vice-présidente. "Je ne serai pas la dernière", a-t-elle promis, "car chaque petite fille qui regarde ce soir voit que c'est un pays de tous les possibles".