19 millions d'électeurs doivent désigner qui dirigera le pays pour les cinq prochaines années. 150 000 policiers ont été déployés dans tous le pays pour éviter les débordements.

Le président sortant kényan Uhuru Kenyatta demeure favori.
Le président sortant kényan Uhuru Kenyatta demeure favori. © AFP / Andrew Wasike / ANADOLU AGENCY

Le Kenya prépare sa transition politique. Les 19 millions d'électeurs kényans doivent déterminer ce mardi qui seront les nouveaux dirigeants de ce pays d'Afrique de l'est. Outre le nouveau président, les citoyens doivent également élire leurs nouveaux députés, sénateurs, gouverneurs et représentants aux assemblées locales. Sur les huit candidats en lice pour diriger le Kenya pour les cinq prochaines années, six sont inaudibles dans les sondages, cumulant à peine 1% des intentions de vote. De l'autre côté, deux mastodontes s'affrontent.

Deux familles s'affrontent pour une place au sommet

Uhuru Kenyatta, 55 ans, est l'actuel président du pays, il se représente pour briguer un second mandat. C'est une figure bien connue des kényans puisqu'il est le fils de l'ancien président Jomo Kenyatta, considéré comme le père de la nation. Il fait parti des Kikuyus, le plus grand groupe ethnique du pays dont la population est très majoritaire dans le centre du pays. Son colistier, William Ruto, est un Kalenjin, l'autre groupe ethnique qui peuple le centre du Kenya et la vallée du Rift, à l'ouest du pays. Depuis l'indépendance du pays en 1963, tous les présidents kényans sont issus d'une de ces deux ethnies.

Raila Odinga, 72 ans, principal candidat de l'opposition, tente sa chance pour la quatrième fois. Il est le fils de l'ancien premier vice-président du Kenya Oginga Odinga. Comme son père avant lui, Raila Odinga a occupé le poste de vice-président entre 2008 et 2013. Il est très populaire dans l'ouest du pays et dans les régions côtières, là où les habitants se sentent négligés par le gouvernement central. Raila Odinga fait parti des Luo, l'ethnie qui borde les rives du lac Victoria. Kalonzo Musyoka, son colistier, est un Kamba, une ethnie peu nombreuse du centre du pays.

Les Kenyatta et les Odinga sont des adversaires politiques de longue date. Lors de l'indépendance du Kenya en 1963, Jomo Kenyatta et Oginga Odinga étaient respectivement président et vice-président. Une cinquantaine d'années plus tard, la situation n'a pas évolué pour leurs fils.

Les familles Kenyatta et Odinga s'affrontent régulièrement sur le terrain politique depuis l'indépendance du Kenya en 1963
Les familles Kenyatta et Odinga s'affrontent régulièrement sur le terrain politique depuis l'indépendance du Kenya en 1963 © AFP / Kun Tian, Aude Genet / AFP

Risques de fraudes et spectre de 2007

Le scrutin de cette année est sous tension. Les Kényans gardent en mémoire les violences survenues lors élections de 2007. Cette année-là, Raila Odinga, déjà chef de file de l'opposition, a perdu les élections. En candidat malheureux, il dénonce des fraudes dans le scrutin et conteste la victoire de Mwai Kibaki. A l'annonce des résultats, il appelle ses soutiens à manifester dans les rues. En l'espace de deux mois, plus de 1100 personnes trouvent la mort lors des affrontements ethniques et 600 000 personnes sont contraintes de s'exiler. Cette année, une partie de la population a pris les devants et a fui Naïrobi, la capitale, pour trouver refuge dans les régions avoisinantes.

Pour cette élection, tous les bureaux de vote devraient être équipés de tablettes numériques avec un système d'identification biométrique pour éviter la fraude. En plus de ce dispositif de contrôle des voix, 150 000 policiers ont également été déployés aux abords des 41 000 bureaux de vote du pays, pour éviter tout risque de débordements.

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