john kerry en visite en égypte
john kerry en visite en égypte © reuters

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé au Caire hier soir pour tenter d'arracher un cessez-le-feu à Gaza. Un pari diplomatique risqué pour les Etats-Unis, qui ont déjà échoué à mener à bien un nouveau processus de paix il y a quelques mois.

John Kerry a déjà promis 47 millions de dollars d'aide humanitaire aux civils de la bande de Gaza, où plus de 580 victimes et quelque 100 000 déplacés sont recensés après 14 jours de bombardements israëliens. Le secrétaire d'Etat américain devrait rester au Caire, la capitale égyptienne, jusqu'à mercredi pour essayer d'obtenir un cessez-le-feu.

Après avoir rencontré hier le secrétaire général de l'ONU Ban-ki-Moon, lui aussi sur place, John Kerry doit aujourd'hui s'entretenir avec plusieurs dirigeants égyptiens, dont le nouveau président Abdel Fattah al-Sissi. L'Egypte qui ne cache pas son hostilité envers le Hamas, considéré comme la branche gazaouite des Frères Musulmans, chassés du pouvoir par al-Sissi. Depuis quelques jours, les médias pro-gouvernementaux égyptiens affichent clairement leur soutien à Israël.

Les victimes gazaouies compliquent l'équation

Une position qui ne devrait pas trancher radicalement avec la diplomatie américaine, traditionnellement en faveur d'Israël. Depuis le début, John Kerry a fait porter à de nombreuses reprises la responsabilité du déclenchement du conflit au Hamas et à ses tirs de roquettes. Plus de 1 500 projectiles ont touché le sol israëlien ces deux dernières semaines. John Kerry a encore déclaré hier :

Aucun pays ne peut rester sans rien faire quand des fusées l'attaquent

Mais vient désormais s'ajouter la délicate question des victimes civiles à Gaza.

Dans n'importe quel conflit, il y a l'inquiétude pour les civils, les enfants, les femmes, les communautés, qui sont pris dedans

Ce week-end, le secrétaire d'Etat américain a laissé transparaître son irritation vis-à-vis d'Israël, lors d'une conversation téléphonique avec un responsable du département d'Etat. Un micro était resté branché à son insu entre deux interviews télévisées. 120 Palestiniens et 13 soldats israéliens avaient été tués dimanche.

J'espère qu'ils ne vont pas considérer cet événement comme une invitation à en faire plus ! Il serait mieux qu'ils le prennent comme un avertissement

Il a également ironisé sur le bilan des victimes civiles :

Pour une intervention millimétrée, c'est une sacrée intervention millimétrée ! Nous devrions nous y rendre dès ce soir, c'est de la folie de rester assis ici

"Oui c'est dur, c'est dur de mener ce genre d'intervention, j'ai réagi comme toute personne préoccupée par le sort des enfants et des civils" a dû se justifier John Kerry sur la chaîne Fox News__ .

Voir le "off" de John Kerry sur Fox News (en anglais) :

Cette déclaration pourrait néanmoins agacer un peu plus Israël, qui s'inquiète déjà depuis le début de l'année du début de dégel des relations entre les Etats-Unis et l'Iran.

Déjà plusieurs échecs au compteur

La résolution du conflit israëlo-palestinien devait être une priorité du premier mandat de Barack Obama. Après s'être lui-même engagé sans succès dans le dossier, il avait laissé à John Kerry la lourde tâche de relancer le processus de paix entre les deux parties.

Les négociations avaient finalement été suspendues par Israël en avril, au lendemain de l'annonce d'un accord entre l'Organisation de libération de la Palestine de Mahmoud Abbas et le Hamas. En réalité, elles étaient au point mort depuis de nombreuses semaines. Barack Obama avait alors décidé de se réinvestir dans le dossier, sans plus de succès.

Les Etats-Unis ont pourtant décidé de rempiler. Traditionnel médiateur dans ce conflit, Washington admet que la tâche sera encore plus compliquée que d'habitude, notamment en raison des changements en Egypte. Aucune piste n'est pour l'instant négligée par la diplomatie américaine : des contacts sont ainsi menés parallèlement avec le Qatar, rival de l'Egypte, qui lui repproche son soutien au Hamas.

Après sa visite au Caire, John Kerry pourrait lui-même se rendre au Moyen-Orient.

Au Caire, François Hüme-Ferkatadji revient sur les débuts de la visite de John Kerry

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