mikhaïl khodorkovski n’a pas l’intention de faire de la politique
mikhaïl khodorkovski n’a pas l’intention de faire de la politique © reuters

L'ancien oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, gracié par le président Vladimir Poutine a donné sa première conférence de presse à Berlin. Il a défendu les "détenus politiques et renonce à s'engager dans le combat politique.

L'ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, qui a passé plus de dix ans en détention, a recommandé aux dirigeants occidentaux devaient garder à l'esprit qu'il restait de nombreux prisonniers politiques dans son pays.

Nous devons encore faire des efforts pour qu'il n'y ait plus de prisonniers politiques, en Russie comme ailleurs. Je vais faire tout ce que je peux à cet égard [...] J'espère seulement que les hommes politiques des pays occidentaux, lorsqu'ils parleront à Poutine, garderont à l'esprit que je n'étais pas le dernier prisonnier politique russe.

Mikhaïl Khodorkovski s'exprimait au Musée du Mur de Berlin, à Checkpoint Charlie, un lieu symbolique des déchirures est-ouest. Parfois saisi par l'émotion mais apparemment en bonne forme,il a souligné qu'aucune condition n'avait été posée à sa remise en liberté et qu'il n'avait en rien reconnu sa culpabilité en acceptant la grâce présidentielle.

Hervé Toutain a assisté à la conférence de presse. Mikhaïl Khodorkovski a dit s'inspirer de Nelson Mandela

"C'est seulement durant le voyage que j'ai appris que ma destination était Berlin"

Mikhaïl Khodorkovski a précisé qu'il n'entendait pas pour le moment retourner en Russie car, malgré les assurances données par le Kremlin, il n'est pas sûr de pouvoir voyager librement ensuite. il a ensuite expliqué que la décision de quitter la Russie pour l'Allemagne dès sa libération n'est pas venue de lui :

Je n'ai pas eu le choix. Le directeur du camp m'a réveillé à deux heures du matin et m'a dit que j'allais rentrer à la maison. C'est seulement durant le voyage que j'ai appris que ma destination était Berlin. Et j'ai vu que j'étais à bord d'un avion allemand.

Mikhaïl Khodorkovski, qui a rejoint sa famille dans la capitale allemande, a précisé que sa situation financière était satisfaisante et qu'il n'avait pas l'intention de se lancer de nouveau dans les affaires, ni de chercher à récupérer les biens qu'il a perdus lors du démantèlement de Ioukos.

Libéré vendredi d'un centre pénitentiaire situé près du cercle polaire Arctique, il était détenu depuis son interpellation en 2003 sur des soupçons d'escroquerie et de fraude fiscale. Khodorkovski a indiqué qu'il avait sollicité la grâce présidentielle pour des raisons familiales. Sa mère Marina, qui est âgée de 79 ans, souffre d'un cancer.

Khodorkorvski et les Pussy Riot grâciés par Poutine
Khodorkorvski et les Pussy Riot grâciés par Poutine © Radio France
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