Manifestations à Kiev, dans la rue qui mène au parlement ukrainien
Manifestations à Kiev, dans la rue qui mène au parlement ukrainien © Radio France / Nicolas Mathias

Les chefs de file de la contestation en Ukraine ont appelé au calme juqu'à 19 heures car une nouvelle réunion de concertation doit avoir lieu avec les représentants du gouvernement.

Dès hier, les contestataires avaient réunis sur la place de l'Indépendance ("Maidan") à Kiev de se préparer à une intervention de la police après l'échec de discussions avec le président Viktor Ianoukovitch.

Emus après une nuit d'affrontements avec les forces de l'ordre ayant fait trois morts dans les rangs des manifestants, dont deux tués par balles, les trois dirigeants de l'opposition ont accusé le chef de l'Etat de rester sourd à leurs revendications et ils se sont dit prêts à défier les balles de la police.

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Selon l'ancien boxeur Vitali Klitschko, chef du parti libéral Udar a lancé:

La police se prépare à nous chasser de 'Maidan'. Demain, si le président ne répond pas, alors nous passerons à l'offensive. Si je dois descendre (dans la rue) sous les balles, j'irai sous les balles.

A ses côtés, l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk a tenu un discours similaire en évoquant les deux manifestants tués par balles, malgré les propos du Premier ministre, Mikola Azarov, assurant que la police ne possédait pas d'armes à feu. La troisième victime est décédée en tombant du toit du stade de football du Dynamo, proche du lieu des affrontements.

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Arseni Iatseniouk a déclaré:

Je ne vivrai pas dans la honte. Demain, nous avancerons ensemble. Si je dois recevoir une balle dans le front, qu'il en soit ainsi. Ce sera un acte honnête, juste et courageux.

Ce dernier et Vitali Klitschko sont les porte-voix de la contestation avec l'ultranationaliste Oleh Tiahnibok.

Des dizaines d'arrestations

Les trois décès survenus depuis mardi soir sont les premiers liés aux manifestations organisées depuis novembre par l'opposition. Cette dernière est mobilisée depuis le refus de dernière minute de Viktor Ianoukovitch de signer un accord d'association et de libre-échange avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie.

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Les événements ont pris un tour violent dimanche après un rassemblement de masse auquel avait appelé l'opposition pour protester contre une nouvelle législation visant à empêcher toute forme de protestation contre le gouvernement. Les violences de mercredi dans le centre de Kiev, sans précédent dans l'histoire récente du pays, ont transformé le quartier des administrations et des ministères en zone de guérilla urbaine. Certains manifestants, ignorant les appels au calme des chefs de file du mouvement, ont attaqué les forces de l'ordre avec des cocktails Molotov et des pavés.

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Manifestations à Kiev, dans la rue qui mène au parlement ukrainien
Manifestations à Kiev, dans la rue qui mène au parlement ukrainien © Radio France / Nicolas Mathias

La police anti-émeutes, la Berkout, a riposté par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes et elle a chargé des manifestants à plusieurs reprises. Le chef de l'Etat s'est jusqu'à présent refusé à limoger le gouvernement Azarov ou à sanctionner le ministre de l'Intérieur pour la répression policière, comme le réclame l'opposition.

Cinquante personnes ont été arrêtées dans la nuit et 29 d'entre elles inculpées de participation à une manifestation de masse, rapporte la police, qui parle de 167 blessés dans ses propres rangs. Aucun chiffre n'était disponible dans l'immédiat sur le nombre de civils blessés. ► ► ► POUR EN SAVOIR PLUS| Une caméra filme en direct la place Maidan

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