Kiev, en bas de la rue Grouchevski, principal point de contact entre manifestants et police
Kiev, en bas de la rue Grouchevski, principal point de contact entre manifestants et police © Nicolas Mathias/Radio France

L'opposition ukrainienne reste déterminée à continuer "la lutte" dimanche, malgré les tentatives du président Ianoukovitch de désamorcer la crise politique en proposant samedi soir à l'opposition plusieurs portefeuilles ministériels. Une avancée imémdiatement rejetée par la foule des manifestants et moins clairement par les leaders de l'opposition.

Le président Ianoukovitch a proposé à l'ancien ministre de l'Economie, Arseni Iatseniouk, figure de l'opposition, le poste de Premier ministre en remplacement de Mikola Azarov dont la démission du gouvernement était attendue. "Il s'agit d'un cadeau empoisonné de la part de Ianoukovitch afin de diviser notre mouvement", a l'ancien boxeur Vitali Klitschko, l'un des chefs de file de la contestation.

Signe que la situation est toujours aussi tendue, quelque 2.000 manifestants ont lancé dans la nuit de samedi à dimanche un assaut contre un bâtiment du centre de Kiev, proche de la place de l'Indépendance, haut lieu de la contestation, et réussi à en déloger les 200 membres des forces de sécurité qui y étaient à coup de fusées de feux d'artifice.

Le reportage de Ruddy Guillemin

L'assaut a eu lieu peu après l'intervention des dirigeants de l'opposition sur la place Maïdan, où, sans se prononcer explicitement sur les propositions du président Viktor Ianoukovitch, ses chefs de file ont assuré qu'ils resteraient mobilisés jusqu'à satisfaction de toutes leurs exigences, en premier lieu la convocation d'une élection présidentielle dès cette année et non l'année prochaine comme prévu.

Le reportage de Cécilia Arbona à Kiev

Les dirigeants de l'opposition ont décliné la proposition et ont appelé à l'organisation d'élections générales et à l'abolition des lois répressives adoptées le 16 novembre prévoyant des peines allant jusqu'à la prison ferme pour les manifestants, et qui ont entraîné une nette radicalisation du mouvement.

Le bilan officiel des affrontements de la semaine a atteint samedi trois morts. L'opposition fait état de son côté de six morts.

Hors de Kiev, les sièges des administrations de la plupart des régions de l'Ouest sont occupées par des milliers de manifestants qui réclament le départ des gouverneurs nommés par le président. Et depuis samedi, ce mouvement s'est propagé à certaines régions du Nord et de l'Est.

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