Manifestations à Kiev, dans la rue qui mène au parlement ukrainien
Manifestations à Kiev, dans la rue qui mène au parlement ukrainien © Radio France / Nicolas Mathias

Après les scènes de guérilla urbaine qui ont fait cinq morts mercredi, une trêve a été décidée dans l'après-midi. L'heure est pour l'instant aux négociations politiques.

La matinée de jeudi a été marquée par des tirs de cocktails Molotov et de pavés de la part des manifestants et de grenades assourdissantes par la police. Une situation très tendue alors que les chefs de file de la contestation, Vitali Klitschko en tête, appellaient au calme policiers et manifestants juqu'à 19 heures et la nouvelle réunion de concertation qui devait avoir lieu avec les représentants du gouvernement.

Une réunion qui a finalement été retardée et c'est par surprise, que le Président Ianoukovitch a demande dans l'après-midi une session extraordinaire du Parlement mardi, en vue d'une "résolution rapide" de la crise. En mettant notamment sur la table la démission du Président et l'abrogation des lois anti-manifestation.

Le reportage sur place de Ruddy Guilmin

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Les leaders occidentaux demandent l'arrêt de la violence

La chancelière allemande Angela Merkel demande au gouvernement ukrainien de "protéger la vie" des manifestants, tandis que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, appelle le Président Ianoukovitch à "mener un dialogue au plus haut niveau".

La Maison Blanche a pris note du début dialogue en cours entre le pouvoir et l'opposition en Ukraine, et a rappele sa condamnation des "violences qui se produit à Kiev" tout en continuant à "exhorter toutes les parties à faire baisser la tension et à ne pas avoir recours à la violence", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine.

Sans surprise, la Russie indique qu'elle n'interviendra pas "dans les affaires intérieures de l'Ukraine".

Les violences de mercredi ont fait cinq morts et environ 300 blessés selon l'opposition

Les décès survenus depuis mardi soir sont les premiers liés aux manifestations organisées depuis novembre par l'opposition. Cette dernière est mobilisée depuis le refus de dernière minute de Viktor Ianoukovitch de signer un accord d'association et de libre-échange avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie.

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Les événements ont pris un tour violent dimanche après un rassemblement de masse auquel avait appelé l'opposition pour protester contre une nouvelle législation visant à empêcher toute forme de protestation contre le gouvernement. Les violences de mercredi dans le centre de Kiev, sans précédent dans l'histoire récente du pays, ont transformé le quartier des administrations et des ministères en zone de guérilla urbaine. Certains manifestants, ignorant les appels au calme des chefs de file du mouvement, ont attaqué les forces de l'ordre avec des cocktails Molotov et des pavés.

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La police anti-émeutes, la Berkout, a riposté par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes et elle a chargé des manifestants à plusieurs reprises. Le chef de l'Etat s'est jusqu'à présent refusé à limoger le gouvernement Azarov ou à sanctionner le ministre de l'Intérieur pour la répression policière, comme le réclame l'opposition.

Cinquante personnes ont été arrêtées dans la nuit et 29 d'entre elles inculpées de participation à une manifestation de masse, rapporte la police, qui parle de 167 blessés dans ses propres rangs. Aucun chiffre n'était disponible dans l'immédiat sur le nombre de civils blessés.

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