Le président iranien défend sa cause ce mercredi à l'ONU, après les déclarations de Donald Trump mardi. C'est tout l'accord sur le nucléaire iranien qui est remis en cause.

Le Président iranien Hassan Rouhani, à l'Assemblée générale de l'ONU à New York
Le Président iranien Hassan Rouhani, à l'Assemblée générale de l'ONU à New York © AFP / BENOIT DOPPAGNE / BELGA MAG / BELGA

Alors que le monde entier tente d'empêcher la Corée du Nord d'acquérir l'arme atomique, l'Iran est dans le collimateur des Etats-Unis.

Le président iranien Hassan Rohani s'est exprimé devant l'Assemblée générale des Nations Unies, au lendemain du discours très offensif de Donald Trump à l'égard de Téhéran où il avait déclaré :

L'Iran est un Etat voyou qui déstabilise le Moyen-Orient en exportant la violence, le bain de sang et le chaos.

Un "discours haineux et ignorant", avait immédiatement répliqué le chef de la diplomatie iranienne. Le président iranien Hassan Rohani avait estimé mardi sur NBC avant son discours devant l'ONU :

Si les Etats-Unis ne respectent pas leurs engagements et bafouent cet accord, cela se traduira par une perte de confiance des Etats envers les Etats-Unis

Hassan Rohani lors de son discours à l'ONU a appelé à la "modération".(...)

Nous ne menaçons personne mais ne tolérons pas les menaces d'autrui.

Au-delà des attaques verbales entre deux pays qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980.

Le contexte de l'accord de 2015

Les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni + l'Allemagne) ont signé cet accord avec Téhéran à Vienne le 14 juillet 2015. L’Iran était suspecté depuis de nombreuses années de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Un site d’enrichissement d’uranium à Natanz et une installation d’eau lourde à Arak ont été découverts. Téhéran a caché ces installations. Des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirment les craintes de la communauté mondiale. Le président iranien d'alors, Mahmoud Ahmadinejad annonce fièrement en 2006 que l’Iran a rejoint les pays nucléaires, mais assure que ses installations sont destinées à un usage civil, c'est-à-dire pour fabriquer de l'énergie, ce qui est autorisé.

Les motivations de l'Iran sont doubles : se parer devant les risques représentés par Israël, son pire ennemi et faire partie du club des pays dotés de la puissance nucléaire, en espérant peser sur la scène mondiale.

L' utilisation du nucléaire militaire est encadrée par le traité de non-prolifération nucléaire de 1968 qui n'autorise que cinq pays à l'utiliser : Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie. L’Iran ayant signé et ratifié ce traité, il a le droit d’enrichir de l’uranium uniquement à des fins civiles, sous la supervision de l’AIEA.

Que dit cet accord ?

Dans l'accord, il n’est pas question de démanteler le programme nucléaire iranien, mais d’empêcher le développement clandestin d’un programme nucléaire militaire, et de réduire le nombre de sites sur lesquels est développé le nucléaire civil.

L'accord prévoit ainsi une levée progressive des sanctions économiques à l'égard de l'Iran (notamment les avoirs gelés à l'étranger), dès lors qu'il s'engage à ne pas se doter de l'arme atomique. Le programme nucléaire iranien à usage civil doit être limité pendant au moins une décennie et le pays doit accepter des contrôles renforcés de ses installations. Les signataires (avec à leur tête Barack Obama, président américain du moment) partent du principe que l'Iran a plus intérêt à voir les sanctions levées afin de relancer son économie moribonde, plutot que de continuer de développer l'arme atomique.

Les Etats-Unis, seuls ou presque

Donald Trump peut compter sur le soutien d'Israël. Benyamin Nétanyahou le presse de dénoncer, l'accord ou au moins de le renégocier.

Mais de son coté, Emmanuel Macron a réaffirmé son attachement à ce texte respecté jusqu’ici par les Iraniens et que Paris estime plus que jamais crucial. L' Europe et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres sont de son avis. A la tribune de l'assemblée générale de l'ONU mardi 19 septembre, le président français a déclaré :

C'est un accord utile, essentiel à la paix

Depuis la signature de l'accord, l'Iran a passé avec succès tous les contrôles de L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'Iran qui refuse toute renégociation.

►►►VOIR | Les discours devant l'Assemblée générale de l'ONU

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