Les négociateurs, heureux, à Vienne
Les négociateurs, heureux, à Vienne © REUTERS/Joe Klamar/Pool

"Moment historique" pour le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zari. "Erreur historique" pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l'accord sur le nucléaire iranien a été finalisé mardi à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances du groupe P5+1 (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) après une négociation marathon qui a 21 mois.

Cet accord permettra une levée des sanctions économiques qui pèsent sur la République islamique et marque un tournant dans les relations de Téhéran avec les pays occidentaux, qui soupçonnent la République islamique d'avoir utilisé son programme nucléaire civil comme couverture pour chercher à développer un savoir-faire en matière d'armement nucléaire.

Les premières sanctions pourront être levées à partir du premier semestre 2016

Le texte encadrera le programme nucléaire de Téhéran pendant au moins dix ans en échange de la suspension progressive des sanctions économiques qui pèsent sur l'économie du pays et notamment sur ses exportations pétrolières, si la République islamique respecte ses premiers engagements.

L'accord prévoit un maintien pendant cinq ans de l'embargo des Nations unies visant les importations d'armes par l'Iran, mais des livraisons d'armes seront possibles avec un accord de l'ONU, selon le chef de la diplomatie russe. Embargo également concernant les technologies de missiles et ne pourrait être levé pendant huit ans.

Téhéran a accepté un accès des sites militaires dans le cadre du Protocole additionnel qui permet un contrôle renforcé du programme nucléaire iranien, mais un accès « limité » selon les négociateurs iraniens. L’Iran s'engage à réduire ses capacités nucléaires et va par exemple diminuer son stock d'uranium enrichi et réduire de deux tiers le nombre de ses centrifugeuses pendant 10 ans.

Les explications et l'analyse à Vienne de Ludovic Piedtenu avec Frédéric Métézeau

Le monde se réjouit mais reste vigilant

Allocution de Barack Obama sur l'accord iranien
Allocution de Barack Obama sur l'accord iranien © capture d'écran

"Grand soupir de soulagement" pour Vladimir Poutine, l'accord conclu sur le programme nucléaire iranien est "suffisamment robuste" pour durer plus de dix ans, a déclaré Laurent Fabius. Le ministre des affaires étrangères explique, dans une interview au Monde, il indique en outre que les grandes puissances parties prenantes aux négociations seront "particulièrement" vigilantes sur l'usage que fera la République islamique des importants fonds qu'elle récupèrera avec la levée des sanctions internationales, afin qu'ils ne servent pas à financer des milices chiites au Proche-Orient.

C’est exactement ce qu’Obama vient d’annoncer à la télévision américaine. Une allocution retransmise par la télévision iranienne: "l'accord avec l'Iran fondé sur les vérifications, pas la confiance".

Benjamin Netanyahu a immédiatement qualifié l'accord d'"erreur historique" puisque selon le Premier ministre israélien l’Iran va utiliser ses nouvelles entrées financières pour "faire fonctionner sa machine de terreur, son agression et son expansion au Moyen-Orient et dans le monde entier".

Les explications de Danielle Tabor à Jérusalem

Ce dénouement marque un succès majeur pour Barack Obama, deux semaines après la réconciliation avec Cuba. Mais le Président doit encore soumettre l’accord au Congrès, contrôlé par les Républicains très méfiants envers Téhéran, voire carrément opposés. Le président a averti les représentants : il mettra son veto à toute tentative d'empêcher l’application de l’accord.

Succès également pour le président modéré iranien Hassan Rohani élu à la présidence iranienne en 2013 sur la promesse de levée des sanctions.

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