A lire Boualem Sansal , écrivain algérien censuré dans son pays où il réside toujours, les successions dynastiques inventées par les présidents arabes ont conquis l'Afrique. L'inventeur en serait le Syrien Hafez al-Assad arrivé par un coup d'Etat et qui laisse royalement sa place à son fils. Cela ne prend que le temps de l'annoncer à la foule. Pas un coup de feu, pas une goutte de sang.

Kadhafi, Moubarak, Ben Ali, Saleh qui se sont succédés à eux mêmes ont préparé leurs fils et leurs descendances à la succession. Les printemps arabes les ont devancé. Les papas sont tous morts, en prison ou en fuite, les héritiers les ont réjoint dans la tombe ou l'exil.

L'Afrique noire, elle, n'a pas tremblé.

Au Gabon , Bongo fils a pris la place du père. Les Gabonais ont manifesté pour la forme et le lendemain ils étaient rentrés chez eux. Le Gabon , pétrole et bois, le coeur battant de la Françafrique , les amis du papa sont les amis du fils.

AuCongo , Kabila a remplacé Kabila. 6 millions de morts ces 20 dernières années. Aujourd'hui comme hier, les morts n'influent pas le cours des évènements.

Au Zimbabwe , le tyran Mugabe garde le pouvoir, lui qui en moins de vingt ans a fait du grenier à blé qu'était la Rhodésie un désert de pauvreté.

Ailleurs l'ancienne formule est intacte : pour arriver au pouvoir, le célèbre coup d'Etat africain vite fait bien fait. Les adjudants commandent les colonels et les capitaines sont servis par les généraux.

Seule note d'espoir, les jeunes. Visibles et audibles à Tunis, Libreville, Dakar, Cotonou, Kinshasa, N'Djamena, Le Caire, Accra. Ils portent sans le savoir le gène du futur.

Ils ne parlent pas la langue du FMI.

L'arbre à palabre du pépé, la café de papa où l'on venait refaire le monde dans la logique de l'authenticité avant tout ou celle de la Bourse des Valeurs ne sont pas des lieux où ils aiment se retrouver. Ils parlent en marchant. D'instinct leur but est de vivre mieux .

Pour le moment on ne les comprend pas. Ils dialoguent seulement entre eux, dans leur langue; cette vitalité brouillonne et confiante porte la lumière africaine de demain.

A partir du travail de Boualem Sansal dans l'Afrique qui vient.

Echos d'ailleurs sur Twitter : @ericvalmir

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