Angela Merkel a accepté pour la première fois l'idée d'un plafond d'accueil de réfugiés dans le pays, dans le cadre des négociations pour obtenir une coalition gouvernementale.

Angela Merkel prend une photo avec un réfugié à Berlin en septembre 2015
Angela Merkel prend une photo avec un réfugié à Berlin en septembre 2015 © Reuters / Fabrizio Bensch

Le projet de compromis entre le parti de la chancelière (la CDU) et son allié bavarois (la CSU) évoque un objectif de 200.000 personnes par an "accueillies pour raison humanitaire". Autrement dit, un retour au chiffres de 2014, un an avant la crise des migrants.

L'Europe peut en revanche difficilement en vouloir à Berlin pour cette décision à venir. La Commission européenne a d'ailleurs salué une perspective "positive", estimant légitime "qu'un pays qui a déjà recueilli plus d'un million de réfugiés se montre prêt à en accueillir encore 200.000 de plus par an", selon les mots de Margaritis Schinas. Il faut dire qu'en 2016, l'Allemagne a accueilli à elle seule 60 % des demandeurs d'asile de l'Union européenne. Même en plafonnant sa capacité d'accueil à 200.000 réfugiés par an, cela représenterait toujours 16 % des demandes d'asile totales (soit une demande d'asile sur six).

Derrière ce soudain revirement de la politique d'accueil d'Angela Merkel, il y a une réalité politique : mise en difficulté après les législatives (qui ont vu entre au Parlement un parti d'extrême-droite qui a axé une large partie de sa campagne sur la question migratoire), elle doit désormais chercher de nouveaux alliés pour continuer à gouverner dans de bonnes conditions.

Sauf que ce premier obstacle levé pour obtenir une coalition peut aussi devenir un handicap. Les deux autres partis avec qui Angela Merkel va entamer des discussions, les libéraux et les Verts ont des positions presque diamétralement opposées. Les Grünen sont en effet partisans d'une politique migratoire la plus ouverte possible, et le plafond décidé par l'accord CDU/CSU pourrait provoquer un blocage.

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