En réaction à une série d'arrestations, dont celle de défenseurs des droits de l'Homme, lancée par Ankara, Berlin a annoncé une "réorientation" de sa politique économique.

Portrait du président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une manifestation à Istanbul
Portrait du président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une manifestation à Istanbul © Radio France / Osman Orsal

La Turquie et l'Allemagne sont des partenaires de longue date. Mais après tout, à quoi sert un vieil ami si ce n'est pas à dire quand il pense qu'on fait une erreur ? C'est ce que tente de faire Berlin en modifiant sa politique envers son partenaire turc, avec des mesures qui risquent de pénaliser économiquement Ankara.

La première, c'est la mise en garde du ministère des Affaires étrangères pour les voyages en Turquie. Autrement dit, Berlin conseille à ses ressortissants tentés par des vacances en Turquie d'éviter le pays, estimant que les récentes violations des droits de l'homme "éloignent la Turquie du socle des valeurs européennes". Or la destination est particulièrement appréciée des touristes allemands. S'ils suivent ces recommandations, les conséquences économiques pourraient être importantes, en pleine saison touristique.

L'adhésion à l'Union européenne encore un peu plus mise en danger

Berlin envisage également un réexamen des garanties, prêts et aides apportées par le gouvernement allemand aux exportations et investissements dans ce pays. Pire, les Allemands laissent planer la menace d'une réduction des fonds européens perçus dans le cadre des négociations pour adhérer à l'Union européenne. Soit 4,45 milliards d'euros prévus entre 2014 et 2020, censés aider le pays à se préparer à une entrée dans l'UE (et notamment en poursuivant la transition démocratique, assez peu efficace ces derniers mois).

La réaction de la Turquie ne s'est pas fait attendre : le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan a estimé que "envoyer un message disant que se rendre en Turquie n'est pas sûr relève d'une grande irresponsabilité politique. Tenter d'éveiller des doutes dans l'esprit des investisseurs allemands, c'est inacceptable."

Au total, neuf ressortissants allemands sont aujourd'hui détenus en Turquie, dont un défenseur des droits de l'homme incarcéré avec cinq autres militants, dont la directrice d'Amnesty International dans le pays.

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