Les départs de Français juifs pour Israël sont en baisse cette année

Arrivée fêtée d'une famille française à l'aéroport Ben Gurion à Tel Aviv
Arrivée fêtée d'une famille française à l'aéroport Ben Gurion à Tel Aviv © Maxppp / Nir Alon

Après deux années en forte hausse, l’Alyah des Français marque un net recul par rapports aux deux années précédentes. D’après une projection faite par le journal israélien Haaretz, le nombre de migrants Français en Israël en 2016 devrait atteindre les 5.100 à la fin du mois de décembre, soit un tiers de moins qu’en 2015 qui avait vu la France devenir la première source d’immigration de l'État hébreu, devant les Ukrainiens avec le départ de près de 7.500 personnes.

Les raisons des hausses de ces dernières années sont connues : l’affaire Merah et les attentats, notamment l'attaque de l'Hyper Casher après laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait à nouveau invité les juifs d'Europe et de France à émigrer, en déclarant qu'Israël était leur "foyer".

Pour Dov Maimon, universitaire, membre d’un groupe d’experts au service de l’Agence juive, on assiste à la fin d’un cycle commencé en 2012 : "On a eu une Alyah idéologique qui est déjà partie. Ceux qui restent aujourd’hui ce sont des gens qui font des calculs de rentabilité et qui ne viendront que si on leur propose de venir en Israël sans baisse de leur niveau de vie".

L’intégration en Israël se heurte aux lourdeurs administratives

La diminution des départs est peut-être aussi l’aveu d’une limite dans l’intégration de la communauté française par Israël. En cause des freins administratifs et une reconnaissance laborieuse de certains diplômes explique Avi Zala, directeur général de l’association "Alyah et meilleure intégration" : "c’est un défi exceptionnel pour la société israélienne qui avait l’habitude d‘intégrer des communautés globalement de détresse. C’était la première fois que l’Etat d’Israël était soumis à ce nouveau challenge : une communauté d’un pays occidental, d’un grand pays. Donc on peut dire que les institutions israéliennes, dans un premier temps, n’ont pas pris la juste mesure et pas su proposer des services adaptés".

Cette baisse de l’immigration est la première après trois années de hausse consécutive, mais le nombre de Français qui s’installe en Israël est deux fois supérieur à ce qui se faisait avant l’affaire Merah en 2012.

L'Alyah, c’est à dire "ascension" en hébreu, est consubstantielle à l'État hébreu. Depuis 1948, plus de trois millions de juifs ont fait leur "Alyah“.

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