Barack Obama
Barack Obama © REUTERS/Larry Downing / REUTERS/Larry Downing

À la recherche d'un second souffle, Barack Obama a promis qu'il surmonterait l'obstacle d'un Congrès divisé et qu'il agirait de sa propre initiative pour soutenir la classe moyenne. Sa principale annonce : l'augmentation du salaire minimum.

S'exprimant à la Chambre des représentants devant les parlementaires, les juges de la Cour suprême et des personnalités triées sur le volet, le président américain a pris ses distances avec le Congrès en annonçant une rafale de décrets présidentiels.

En agissant ainsi, il prend le risque d'attiser encore les relations déjà tendues entre démocrates, majoritaires au Sénat, et républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants pour les seconds.

La mise en place du salaire minumum se fera avec ou sans le Congrès. Le reportage de Frédéric Carbonne à Washington

Si les mesures annoncées par Barack Obama peuvent paraître assez modestes en soi, elles témoignent, mises bout à bout, d'une exaspération de la Maison blanche fasse à la lenteur du processus législatif qui prévaut à Washington où chacun fourbit ses armes dans l'attente des élections de novembre. Le président a ainsi annoncé un relèvement par décret à 10,10 dollars (7,40 euros) de l'heure du salaire minimum d'embauche des fonctionnaires fédéraux.

Vous ne devriez pas avoir à vivre dans la pauvreté.

Assis derrière le président américain, le vice-président Joe Biden et le chef de file des républicains à la Chambre John Boehner offraient un contraste saisissant, le premier ostensiblement souriant, le second visiblement renfrogné :

Je suis prêt à travailler avec vous mais l'Amérique ne va pas rester immobile, et moi non plus. Donc, à chaque fois que ce sera possible, je prendrai des mesures sans légiférer afin d'offrir des opportunités à davantage de familles américaines.

Cette stratégie semble indiquer que le président n'entend plus agir en lançant d'ambitieux programmes législatifs et qu'il souhaite passer par des initiatives de moindre envergure mais capables de réduire les inégalités de revenus et de soutenir la classe moyenne.

Il s'est employé à défendre son programme d'assurance santé, qui a connu depuis son lancement des débuts cahoteux et qui a fait considérablement reculer sa popularité, inférieure à 40% selon la dernière enquête Reuters-Ipsos :

Je n'entends pas convaincre mes amis républicains des mérites de cette loi mais je sais que les Américains n'ont pas envie de raviver d'anciennes batailles.

Évoquant l'une de ses priorités, la réforme de l'immigration, le président a exhorté le Congrès à travailler de concert à une refonte de la législation, tout en se gardant de se montrer trop combatif pour éviter de contrarier certains élus républicains qui ont fait part ces derniers jours d'une certaine ouverture sur cette question. "Faisons en sorte que la réforme de l'immigration soit bouclée cette année", a-t-il dit.

Barack Obama a également annoncé qu'il entendait tenir cette année une vieille promesse, celle de la fermeture de la prison de Guantanamo et qu'il mettrait son veto à toute initiative visant à alourdir le régime de sanctions qui pèse sur l'Iran.

Barack Obama, son programme
Barack Obama, son programme © Radio France
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