Helmut Kohl, figure marquante de la scène politique européenne d'après-guerre et de la réunification allemande, est mort ce vendredi.

Helmut Kohl a été chancelier de 1982 à 1998
Helmut Kohl a été chancelier de 1982 à 1998 © AFP / Michel Frison

C'était un homme à la stature imposante sur les images qui le représentent : Helmut Kohl, ancien chancelier allemand, est mort ce vendredi à l'âge de 87 ans, selon le journal allemand Bild. Né en 1930, ce troisième enfant d'une famille allemande a été très marqué par la seconde Guerre mondiale, qui a vu son frère mourir au combat. Brièvement engagé dans l'armée après la guerre, il s'est orienté vers des études de droit et d'histoire, avant de se lancer dans une carrière politique qui l'a amené, en un peu plus de vingt ans, de l'assemblée régionale de Rhénanie-Palatinat à la chancellerie de l'Allemagne de l'ouest en 1982.

Pour tous les allemands, Helmut Kohl restera avant tout comme le chancelier de l'unité, celui qui a mené au pas de charge la réunification de son pays après la chute du mur de Berlin, et ce malgré les très nombreuses oppositions à une réunification, y compris dans son camp. Tirant profit de l'euphorie suscitée par la chute du mur le 9 novembre 1989, il a présenté dès le 28 novembre de la même année un discours sur la réunification, préparé dans le plus grand secret, qui lui permet d'obtenir le soutien des Etats-Unis... malgré l'opposition farouche de la Grande-Bretagne de Thatcher et de l'URSS de Gorbatchev, qui le qualifie de "plouc sorti de sa campagne".

Couple franco-allemand

Figure incontournable du parti chrétien-démocrate, la CDU, il est le chancelier à la plus grande longévité : il a dirigé l'Allemagne pendant 16 ans, de 1982 à 1998. Son ancien parti a déclaré vendredi soir sur Twitter "Nous sommes en deuil".

Côté français, c'est assurément le couple franco-allemand qu'il a formé avec François Mitterrand qui est le plus resté dans les mémoires, avec notamment l'image historique des deux dirigeants se tenant la main à Douaumont. C'était le 22 septembre 1984, un symbole de la réconciliation avec l'Allemagne.

Retiré de la vie publique

Mais l'image de l'ancien chancelier a été quelque peu ternie par la fin de sa carrière politique : rattrapé par les affaires, il est poussé à la démission par l'affaire des caisses noires de la CDU. Peu à peu retiré de la vie publique, Helmut Kohl a surtout fait parler de lui ces dernières années à la rubrique judiciaire : il avait porté plainte contre les auteurs d'une biographie qui le montrait comme un homme cassant, impitoyable avec ses collaborateurs.

Enfin, il restera le premier mentor d'Angela Merkel, celui qui a permis à l'actuelle chancelière de faire ses premiers pas en politique. Si celle-ci n'a pas encore réagi directement à la disparition de son prédécesseur (son porte-parole a quant à lui salué "un grand européen"), nombreux sont les dirigeants mondiaux qui lui ont rendu hommage. George H.W. Bush a salué la mémoire de "l'un des plus grands leaders de l'Europe d'après-guerre".

"Un homme d'Etat au rendez-vous de l'histoire" (Aubry)

Selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le chancelier Kohl était "l'essence même de l'Europe". Quant à Donald Tusk, président du Conseil européen, il a déclaré : "Je me souviendrai toujours d'Helmut Kohl, un ami, et un homme d'Etat qui a réussi à rassembler l'Europe".

En France, ils sont nombreux à avoir d'ores et déjà salué la mémoire de l'ancien chancelier. A commencer par le président de la République Emmanuel Macron, qui a salué un "artisan de l'Allemagne unie et de l'amitié franco-allemande".

Martine Aubry s'est dite "triste d'apprendre la mort d'Helmut Kohl, l'homme de l'unité allemande, artisan d'une Europe unifiée, un homme d'Etat au rendez-vous de l'Histoire. Dans le gouvernement, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a affirmé qu'il était "très ému par la disparition de Helmut Kohl, père de la réunification allemande et grand Européen, homme de paix et ami de la France". Son homologue à l'Intérieur, Gérard Collomb, lui a rendu "hommage et immense respect".

Enfin, le Garde des Sceaux François Bayrou a lui aussi rendu hommage à Helmut Kohl : "Il voulait la réunification de l'Allemagne et l'unité de l'Europe. La première est acquise, la deuxième viendra, nous le croyons (...). Notre reconnaissance et notre amitié accompagnent, par-délà la mort, cet homme qui sut ancrer ses rêves dans le réel".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.