Adolfo Suarez
Adolfo Suarez © REUTERS/Eloy Alonso / REUTERS/Eloy Alonso

L'ancien président du gouvernement espagnol Adolfo Suarez, l'un des principaux artisans de la transition de l'Espagne vers la démocratie après la mort de Francisco Franco, est mort dimanche à l'âge de 81 ans.

Souffrant depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, il avait été hospitalisé lundi pour une infection respiratoire. Sa mort a été annoncée par la télévision publique.

Après la disparition de Franco en 1975, le roi Juan Carlos a appelé Adolfo Suarez, alors jeune ministre franquiste, à la tête du gouvernement pour tenter de réconcilier les "deux Espagnes", toujours divisées depuis la guerre civile de 1936-1939 entre franquistes et républicains. A l'époque, ses collègues franquistes voient en lui un traître tandis que l'opposition socialiste le taxe d'opportunisme. Aujourd'hui, il est considéré par ses compatriotes comme l'un des pères de l'Espagne moderne. Les Espagnols le respectent notamment pour son sang-froid lors de la tentative de coup d'Etat de février 1981.

Le premier président du gouvernement de l'Espagne post-Franco

Quand il parvient à la tête du gouvernement, l'objectif immédiat est alors d'organiser les premières élections démocratiques après quatre décennies de régime fasciste. Adolfo Suarez les remporte en 1977 et il dirige le gouvernement pendant quatre ans. La période est troublée par une multitude de problèmes économiques, politiques et sociaux et la poursuite des violences des séparatistes basques.

L'une de ses premières décisions, l'une des plus controversées aussi, est la légalisation en 1977 du Parti communiste, pourtant présenté durant toute la dictature de Franco comme un ennemi de l'Etat. Confronté aux difficultés économiques, critiqué de toutes parts, Adolfo Suarez finit par démissionner en 1981.

Duc depuis 1981 et ami du Roi

Lors de la cérémonie d'investiture de son successeur le 23 février 1981, Antonio Tejero, lieutenant colonel de la Garde civile, fait irruption dans l'enceinte du Parlement à la tête d'un commando et tire des coups de feu en l'air. Les parlementaires espagnols, pris de panique, se jettent au sol, sauf trois d'entre eux, dont Adolfo Suarez, qui restent imperturbables sur leur fauteuil.

Antonio Tejero retient les élus en otages pendant plusieurs heures et de nombreux Espagnols craignent de voir leur pays basculer à nouveau dans la dictature militaire. Une allocution de Juan Carlos à la télévision met fin à la crise et les putschistes sont arrêtés. Adolfo Suarez crée ensuite un nouveau parti mais ne rencontre pas le succès. Il se retire finalement de la vie politique en 1991 pour s'occuper de sa femme Amparo et de fille Marian, l'une de ses cinq enfants, toutes deux atteintes d'un cancer du sein. La première est morte en 2001 et la seconde en 2004. La réaction de José Luis Rodriguez Zapatero :

La carrière politique du président du gouvernement Suarez évoque l'esprit le plus élevé de notre transition démocratique: la reconnaissance des voix dissidentes, la promotion de la tolérance et la pratique du dialogue. Grâce à cette attitude, il avait la capacité de forger de grands accords.

Elégant et calme en toutes circonstances, Adolfo Suarez a été fait duc en 1981 et a noué une solide amitié avec le roi.

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