Le royaume subit un déficit record depuis deux ans, qu'il veut financer en lançant un emprunt massif. De quoi se préparer à la fin programmée de ses pétrodollars...

 Le ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel al-Jubeir, en visite officielle en France en juin 2016
Le ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel al-Jubeir, en visite officielle en France en juin 2016 © Reuters / Jacky Naegelen

"Vision 2030", c'est le nom du plan lancé par l'Arabie saoudite pour assurer sa transition d'une économie basée presque entièrement sur le pétrole (les trois quarts des revenus du gouvernement proviennent de là, 84 % du PIB) à une économie plus pérenne. Le prince Mohammed, fils du roi saoudien et chef du conseil économique du royaume en est certain : d'ici 2020, le royaume pourrait même survivre sans pétrole.

Ce n'est pas encore le cas pour l'instant, loin de là. En 2015, le déficit du pays a même atteint un niveau record, à 98 milliards de dollars (soit un peu plus de 87 milliards d'euros), un an après le début de la chute vertigineuse du prix du pétrole.

La dette saoudienne, tributaire du prix du pétrole
La dette saoudienne, tributaire du prix du pétrole © Radio France / Olivier Bénis

Pour faire face, l'Arabie saoudite a d'abord utilisé ses propres (et massives) réserves financières, avant de se tourner vers la dette. D'abord auprès de créanciers du même pays, puis cette année avec l'aide des investisseurs internationaux. En 2016, la part de déficit financée par la dette sera de 40 %, le double de son montant en 2015.

Mais ça ne préoccupe pas vraiment les dirigeants saoudiens, et pour cause : les investisseurs se bousculent déjà pour acheter des obligations de la monarchie pétrolière, en particulier en Asie, selon le Financial Times. De plus, même si le pétrole devait rester à un niveau assez bas (entre 40 et 60 dollars) ces cinq prochaines années, l'Arabie saoudite peut encore couvrir trois ans et demi d'importations avec ses réserves à la banque centrale. Et il reste encore la possibilité de vendre une partie du capital du géant pétrolier Saudi Aramco : de quoi récolter des centaines de milliards de dollars, presque sans effort.

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