Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite vient de mourir
Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite vient de mourir © Reuters

Le roi Abdallah bin Abdelaziz est décédé jeudi à 91 ans, des suites d'une pneumonie. Le nouveau souverain, le prince héritier Salman (79 ans), a immédiatement convoqué le Conseil d'allégeance et désigné le prince Moukrine comme futur héritier de la couronne.

En désignant immédiatement Moukrine comme son futur héritier au trône, Salman coupe court à toutes les spéculations sur son accession à la tête du premier pays exportateur de pétrole. La désignation de Moukrine doit maintenant être approuvée par le Conseil d'allégeance composé des membres de la famille royale.

Le nouveau roi Salman a également verrouillé la succession, en désignant comme second prince héritier son neveut Mohamed bin Nayef, actuel ministre de l'Intérieur.

Sous le règne du roi Abdallah, le pays a vécu des changements prudents, faisant évoluer petit à petit une société où la religion domine tout. Il a notamment élargi certains droits des femmes et pratiqué la dérégulation économique, sans jamais toutefois engager de transition démocratique.

Une succession de petits changements, c'est ce qui résume le mieux le règne d'Abdallah, Clarence Rodriguez

Un nouveau roi prudent mais toujours pas démocrate

Son sucesseur le prince héritier Salman bin Abdelaziz est considéré comme un modéré habile, capable de concilier les attentes des religieux conservateurs (l'apostasie, l'adultère, ou l'homosexualité sont toujours punis de la peine de mort, le plus souvent par décapitation) et les espoirs d'une population de plus en plus jeune. Les documents des services diplomatiques américains, révélés dans l'affaire Wikileaks, le considèrent comme un homme prudent sur la question des réformes culturelles et sociales.

Il reste encore beaucoup à faire pour faire évoluer le pays, en témoigne l'arrestation récente d'un blogueur condamné à 1 000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". Sur son compte Twitter, ce dernier reprend, à propos de la mort du souverain, un message "Que Dieu lui pardonne et ait pitié de lui".

Son successeur, Salman, possède l'un des plus puissants groupes médiatiques du monde arabe, et estime comme son prédécesseur que l'Arabie saoudite n'est pas du tout prête à devenir une démocratie.

François Hollande ira en Arabie Saoudite

Cette succession intervient dans un contexte de tension exceptionnelle au Proche-Orient où l'Arabie saoudite, le principal allié des Etats-Unis dans la région, apparaît comme le premier partisan de l'islam sunnite.

Le roi Abdallah était un acteur-clé dans la région, Clarence Rodriguez

L'Arabie saoudite exerce d'ailleurs une influence de fait sur les 1,6 milliard de fidèles musulmans du monde, puisque les deux premiers lieux saints de l'islam, La Mecque et Médine, se trouvent sur son territoire, faisant du pays un lieu incontournable de la religion.

Le pays est aussi un allié stratégique des États-Unis dans la région. Barack Obama a d'ailleurs rapidement fait part de ses condoléances et de la sympathie du peuple américain, saluant la conviction "constante et sincère" du souverain. François Hollande a lui exprimé son attachement à l'amitié entre la France et l'Arabie saoudite, et annoncé qu'il se rendrait prochainement sur place pour "présenter ses condoléances".

Le roi Abdallah a joué un rôle influent dans le soutien de son pays au gouvernement égyptien après la reprise en main par les militaires en 2013 ainsi que dans l'appui aux rebelles syriens en lutte contre le pouvoir de Bachar al Assad.

Le conflit en Syrie est devenu le théâtre de la lutte d'influence régionale que se livrent l'Arabie saoudite et l'Iran, principal appui de l'islam chiite. Les deux pays avaient toutefois opéré un timide rapprochement ces derniers moirs, après plusieurs années de tension. Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères iranien assure qu'il assistera à la cérémonie officielle des funérailles du roi Abdallah. L'Iran a présenté ses condoléances au peuple saoudien.

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