Un manifestant brandit une photo de Cheikh al-Nimr lors d'un rassemblement à Qatif, contre son arrestationl'arresta
Un manifestant brandit une photo de Cheikh al-Nimr lors d'un rassemblement à Qatif, contre son arrestationl'arresta © REUTERS/Stringer

Lors des printemps arabes de 2011, la minorité chiite du royaume était descendue dans la rue pour réclamer d'être traitée comme tous les autres Saoudiens. Le cheikh al-Nimr, qui a été exécuté samedi, était considéré comme l'une des figures emblématiques de la contestation.

La colère qui a suivi l’annonce de l’exécution du cheikh Nimr al-Nimr, ne semble pas prête de s’éteindre, en particulier en Iran où l'ambassade saoudienne à Téhéran a été en partie détruite par des manifestants en colère alors que le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei prevenait que "la main divine" vengerait l'exécution de "ce martyr" tué "injustement".

Colère aussi des communautés chiites d'Irak, du Liban, de Bahreïn et du Yémen et d'Arabie Saoudite puisque quelques centaines d'hommes et femmes ont manifesté dans la ville à majorité chiite de Qatif, arborant des portraits du dignitaire chiite de 56 ans, exécuté samedi avec 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme".

Les chiites représentent entre 10 et 15% de la population saoudienne

La minorité chiite vit principalement dans les provinces orientales du royaume, là où se trouvent les puits de pétrole. Considérés comme des hérétiques par la majorité sunnites, ce sont des citoyens de seconde zone. Ils ont toujours été discriminés et marginalisés, ils sont par exemple exclus de la fonction publique et de l'armée. C'est pour cela que lors des printemps arabes de 2011, ils étaient descendus dans la rue pour réclamer d'être traités comme tous les autres Saoudiens..

A 56 ans, le cheikh Al-Nimr était considéré comme l'une des figures emblématiques de la contestation chiite dans le royaume. Arrêté en 2012, il se trouvait dans le couloir de la mort avec d'autres opposants, condamné condamnéen octobre 2014 pour "terrorisme", "sédition", "désobéissance au souverain" et "port d'armes" par un tribunal de Ryad au terme d'une parodie de procès, explique Anne Denis d'Amnesty.

Ce sont des procès politiques, menés de façon inique et entaché d’irrégularités flagrantes. Amnesty a examiné les neuf sermons religieux à l’origine de l'inculpation d'Al-Nimr. Il est clair qu’il a simplement exercé sa liberté d’expression.

Reste le cas du neveu du cheikh Nimr, le jeune Ali, mineur au moment de son arrestation lors de manifestation anti-gouvernemental, qui lui aussi attend son exécution, à moins d'une grâce du roi Salmane.

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