Roi Salman lors d’une session du Conseil de la Choura à Ryad
Roi Salman lors d’une session du Conseil de la Choura à Ryad © Reuters

Les 47 condamnés ont été exécutés ce samedi matin dans différents lieux d'Arabie Saoudite. Parmi eux figure le chef religieux chiite Nimr al-Nimr, figure de la contestation contre le régime saoudien, au risque d'attiser encore plus les tensions entre chiites et sunnites et entre Ryad et Téhéran.

L'Iran, puissance chiite dont les relations sont tendues avec l'Arabie saoudite sunnite, avait promis que Ryad paierait "un prix élevé" si le cheikh Nimr al-Nimr, dans le couloir de la mort depuis octobre 2014, était exécuté. L'Arabie saoudite puissance sunnite, et le régime chiite de Téhéran s'opposent sur la Syrie, l'Irak, le Yemen et maintenant sur le sort réservé à celui qui a été la figure de proue du mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011, dans la foulée des printemps arabes, dans l'est de l'Arabie Saoudite, là où vit l'essentiel de la minorité chiite. Son frère a prévenu que cette exécution pourrait provoquer une poussée de "colère des jeunes" de cette communauté minoritaire dans le royaume, où une manifestation s'est déroulée dès l'annonce de l'exécution.

Le cheikh Nimr al-Nimr avait été condamné à mort en octobre 2014 pour "sédition, désobéissance au souverain et port d’armes" par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme.

A Ryad, les explications de Clarence Rodriguez

Le neveu du cheikh, Ali al-Nimr, mineur et également condamné à mort, n'a pas été exécuté cette fois-ci, mais pourrait l'être une prochaine fois.

La minorité chiite est discriminées en Arabie Saoudite. Le cheikh al-Nimr était l'un des leaders de la contestation explique Christian Chesnot

Condamnation de l'Iran et indignation dans la communauté chiite

Les protestations les plus fortes sont venues d'Iran. Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé Ryadde soutenir le terrorisme et de se débarrasser de ses opposants tandis que le dignitaire religieux iranien Ahmad Khatami a estimé que la famille Saoud "serait balayée des pages de l'histoire".

Samedi soir la police iranienne a chassé des manifestants qui avaient envahi l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran. Les manifestants qui avaient pénétré dans l'ambassade avaient commencé à y allumer des incendies. Un cliché montre une salle saccagée et des meubles brisés, sous un portrait du roi Salman d'Arabie saoudite.

Des manifestations ont également eu lieu au Yémen, où mouvement houthi dit porter le deuil "d'un guerrier saint" exécuté "après une parodie de procès et en violation flagrante des droits de l'homme" et à Bahreïn.

Même pour l'Arabie Saoudite, 47 exécutions d'un coup, c'est beaucoup

Les condamnés ont été exécutés au sabre ou par balles dans douze villes du royaume. Ils avaient été condamnés dans différentes affaires, notamment pour avoir épousé une idéologie radicale, rejoint des "organisations terroristes" et mis à exécution des "complots criminels", selon les autorités saoudiennes. Parmi eux, figure Fares al-Shuwail que des médias saoudiens ont présenté comme étant un leader religieux d'Al-Qaïda en Arabie saoudite, arrêté en août 2004.

Il s’agit des premières exécutions de l’année 2016 dans ce royaume ultra-conservateur qui a exécuté 153 personnes l’année dernière et 87 en 2014.

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