C'est en tout cas ce qu'a promis le prince héritier, Mohammed ben Salmane lors d'une conférence économique internationale. Il y a annoncé une rupture avec l'ultraconservatisme religieux en vigueur dans le royaume...

Le prince Mohammed ben Salmane, héritier d'Arabie saoudite et vice-Premier ministre
Le prince Mohammed ben Salmane, héritier d'Arabie saoudite et vice-Premier ministre © Reuters / Hamad I Mohammed

Après l'autorisation de conduire pour les femmes et l'ouverture de cinémas, c'est encore une attaque frontale contres les oulémas, une nouvelle déclaration de guerre aux religieux et aux conservateurs de tous poils qui pourraient bloquer ses réformes.

Le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane promet d'éradiquer l'extrémisme, une véritable révolution pour tenter de desserrer le rigorisme qui irrigue toute la société saoudienne, estime Fatiha Dazi-Heni, spécialise de l'Arabie saoudite : "Ça fait plus d'un an que ce jeune prince héritier s'efforce de montrer des signes flagrants. Par exemple, la police religieuse n'a plus aucun pouvoir, elle est aujourd'hui très symbolique. Et on voit que les excès sont très clairement sanctionnés. _Il y a une claire volonté de "déwahhabiser" le royaume d'Arabie saoudite_."

Le wahhabisme, cette doctrine ultra conservatrice qui régit la vie quotidienne des Saoudiens, notamment dans le domaine de la justice.

Un travail de longue haleine

Le plus gros obstacle, c'est que le wahhabisme a surtout une énorme influence dans le domaine de l'éducation, encore aux mains de religieux intolérants. Pierre Conesa est consultant dans les pays du le Golfe. 

Quand on voit les manuels scolaires saoudiens, c'est une espèce d'antisémitisme qui transpire à toutes les lignes, de dénonciation des mécréants, d'interdiction d'amitié avec des non-musulmans, etc. On ne change pas une société comme ça, simplement par décret, c'est un travail de très long terme. Je ne suis pas sûr qu'il gagnera.

En tout cas, Mohammed ben Salmane espère gagner son pari réformateur en s'appuyant sur les jeunes de moins de 30 ans, qui représentent les deux tiers de la population saoudienne.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.