Riyad a annoncé la suspension temporaire des visas des pèlerins musulmans et des touristes pour prévenir la diffusion du coronavirus.

A La Mecque, des pèlerins présents ce 27 février 2020 se protègent face à la menace du coronavirus.
A La Mecque, des pèlerins présents ce 27 février 2020 se protègent face à la menace du coronavirus. © AFP / ABDULGANI BASHEER

Face à la menace du coronavirus, qui est parti de Chine mais qui se propage chez son voisin iranien et dans le Golfe persique, l’Arabie saoudite a décidé de suspendre "temporairement" l’entrée des pèlerins se rendant à La Mecque. 

En 2003, lors de l’épidémie du Sras, Riyad avait interrompu la délivrance de visas pour les pèlerins venant de plusieurs pays d’Asie.

Cette fois-ci, les autorités saoudiennes ont aussi étendu la mesure aux touristes venant de pays où le virus s’est développé. Une épidémie qui tombe au moment où le royaume wahhabite s’ouvre au tourisme !

Un coup d’arrêt au tourisme ?

Un ministère du Tourisme vient d'ailleurs d’être créé, le 25 février 2020, et depuis octobre dernier, des visas touristiques sont délivrés aux étrangers. Une première en Arabie saoudite, longtemps repliée sur elle-même.

Cette ouverture s’inscrit dans le plan de modernisation Vision 2030 du prince héritier Mohamed Ben Salman (MBS), qui vise à diversifier l’économie saoudienne pour sortir du tout-pétrole.

C’est aussi une mauvaise nouvelle parce que la Chine est devenue depuis quelques années le premier partenaire commercial du royaume, devançant les États-Unis. Pékin est un des principaux acheteurs du brut saoudien.

L’économie saoudienne impactée

La paralysie de l’économie chinoise à cause du coronavirus ne va pas manquer d’avoir un impact direct sur l’Arabie saoudite, notamment sur le prix du pétrole. La Bourse de Riyad, dans le même sens que celles des autres monarchies du Golfe, a plongé dans le rouge depuis l’apparition du virus dans la région.

Pour le moment, le royaume n’est pas touché par l’épidémie. Mais pour combien de temps ? Le virus est déjà présent aux Émirats arabes unis, à Oman, à Bahreïn, et en Irak.

Les autorités saoudiennes ne se sont pas encore exprimées sur d’éventuelles mesures de précaution dans l’organisation du "hajj" (le grand pèlerinage), qui doit avoir lieu fin juillet-début août.

Cet événement religieux annuel rassemble près de 2,5 millions de fidèles et constitue un défi logistique pour les autorités. 

Bref, l’Arabie saoudite retient son souffle, espérant échapper à la trajectoire mortelle du coronavirus.

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