Axel Kicillof, ministre argentin de l'économie
Axel Kicillof, ministre argentin de l'économie © EPA/MaxPPP

L'Argentine se trouve ce jeudi en situation de défaut sur sa dette pour la deuxième fois en douze ans après l'échec des négociations de la dernière chance avec deux fonds spéculatifs qui ont refusé de participer à la restructuration consécutive à la crise de 2001-2002.

NML et Aureliu, les deux fonds « vautours » lui réclament le remboursement des 1,33 milliard de dollars prêtés au pays. Buenos Aires avait jusqu’au 30 juilletminuitheure locale pour trouver un accord et éviter le défaut de paiement.

La présidente du pays Christina Kirchner et son gouvernement, dont le ministre argentin de l'économie, Axel Kicillof, étaient à la manœuvre mardi et mercredi pour éviter une banqueroute. Des responsables argentins ont rencontré à New-York un médiateur, Daniel Pollack. Il a pour mission de rapprocher la position de l’Argentine et de fonds spéculatifs. Mardi, aucun accord n’avait encore été trouvé.

Les explications de Caroline Vicq :

Comment l’Argentine en est-elle arrivée la ?

L’Argentine a déjà fait faillite en 2001. Le pays a alors réussi à trouver un accord avec 93% de ses créanciers. Buenos Aires accusait alors une dette de plusieurs centaines de milliards de dollars. La quasi-totalité des créanciers a alors accepté -en 2005 et 2010- de diminuer des deux tiers la valeur de leurs titres. Mais les fonds spéculatifs NML et Aurelius ont refusé.

Les deux fonds se sont alors lancés dans une bataille juridique contre l’Argentine. En juin dernier, la Cour suprême américaine a condamné l’Argentine à verser les 1.33 milliard aux détenteurs des titres. L’Argentine risque la faillite pour une somme qu’elle est pourtant en mesure de payer. Mais tout coince depuis le 23 juillet dernier. Le juge américain Thomas Griesa a en effet interdit à l’Argentine d’honorer ses autres créanciers tant que NML et Aurelius ne seront pas remboursés.

"Pas de conséquences majeures" pour Christine Lagarde

L’Argentine fait face depuis à un dilemme : rembourser NML et Aureliuspourrait engager les autres fonds, les 7% qui ont refusé l’accord en 2005 et 2010, à demander eux aussi leur part. La facture pourrait alors s’élever à près de 20 milliards de dollars. Et si des créanciers ayant acceptés les accords décidaient eux aussi de saisir la justice pour réclamer le remboursement à 100% de leur créance, l’Argentine pourrait avoir à verser plus de 120 milliards de dollars. Ce serait alors la banqueroute pour le pays : ses réserves de changes ne s’élèvent qu’à 28 milliards de dollars.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a minimisé l'impact d'un défaut de paiement de l’Argentine au niveau international :

Même si un défaut est toujours regrettable, nous ne pensons pas qu'il aura des conséquences majeures en dehors" du pays.

Afin de démontrer sa solvabilité, l’Argentine a versé lundi une échéance de 642 millions de dollars à ses créanciers publics du Club de Paris, plus que les 539 millions susceptibles de provoquer son défaut de paiement.

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