La zone, pourtant interdite d'accès, est très prisée par les touristes mais aussi l'un des repaires de groupes djihadistes
La zone, pourtant interdite d'accès, est très prisée par les touristes mais aussi l'un des repaires de groupes djihadistes © Reuters

La police et l'armée égyptiennes ont tué dimanche 12 personnes, des touristes mexicains et des Egyptiens, en prenant pour cible par erreur leurs voitures alors qu'elles pourchassaient des djihadistes dans l'ouest de l'Egypte.

"Les forces conjointes de la police et de l'armée, qui pourchassaient des terroristes à Wahat, dans le désert occidental, ont ouvert le feu par erreur sur quatre pick-up qui transportaient des touristes mexicains", lit-on, ce lundi, dans un communiqué laconique du ministère de l'Intérieur égyptien. En tout, 12 morts, 10 blessés la plupart mexicains et égyptiens, pris pour cible par erreur par l’armée égyptienne alors qu’elle croyait poursuivre des terroristes de Daech dans le désert de l’Ouest.

Un repaire de djihadistes interdit aux touristes

La zone, pourtant interdite d’accès, est très prisée par les touristes mais aussi l'un des repaires de groupes djihadistes, dont la branche égyptienne de Daech, qui y avait décapité en août un jeune Croate travaillant pour une compagnie française et commet de nombreux attentats contre les forces de sécurité dans tout le pays. Le ministère ne précise pas le nombre de Mexicains tués, ni si les voitures ont été atteintes par des tirs d'armes automatiques, d'artillerie ou des bombardements aériens. Les groupes jihadistes, dont au moins deux assurent être des branches égyptiennes de Daech revendiquent régulièrement des attentats meurtriers visant les forces de l'ordre, en particulier dans la péninsule désertique du Sinaï, dans l'est, leur principal bastion.

En deux ans, des centaines de policiers et soldats tués

Ces attaques se sont multipliées depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste élu Mohamed Morsi le 3 juillet 2013 et que le nouveau pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi réprime dans le sang les partisans du chef de l'Etat déchu. Des centaines de policiers et soldats ont été tués dans ces attentats et attaques commandos en plus de deux ans. Les djihadistes assuraient dans un premier temps agir en représailles à l'implacable répression qui s'est abattue sur les partisans de Mohamed Morsi depuis sa destitution par Sissi, alors chef de la toute puissante armée.

Les forces de sécurité ont, depuis l'été 2013, tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi. Plus de 15.000 partisans de l'ex-président islamiste, des membres de sa confrérie des Frères musulmans pour l'essentiel, ont été emprisonnés. Des centaines -dont Mohamed Morsi lui même- ont été condamnés à mort en première instance dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente" du monde.

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