Escadron de combat français en Centrafrique près de la ville de Bouar (illustration)
Escadron de combat français en Centrafrique près de la ville de Bouar (illustration) © MaxPPP

La justice française a ouvert vendredi une enquête préliminaire après des accusations d'une jeune femme centrafricaine affirmant avoir été violée dans son pays à l'été 2014 par un soldat de la force française Sangaris.

La Grande muette se retrouve face à une nouvelle enquête pour viol : vendredi, la justice française a ouvert une enquête préliminaire après des accusations d'une jeune femme centrafricaine affirmant avoir été violée dans son pays à l'été 2014 par un soldat de la force française Sangaris. Avec ce troisième volet, l’armée est ainsi désormais confrontée à trois enquêtes judiciaires pour des faits de viols présumés après des accusations portées contre ses soldats en Afrique. Les deux premières enquêtes concernent des mineurs.

Une jeune fille "probablement en fin d'adolescence"

Ouverte pour viol par personne usant de son autorité, l'enquête ouverte vendredi a été confiée à la gendarmerie prévôtale, le service chargé des investigations concernant les forces militaires françaises engagées à l'étranger. Cette décision fait suite à un signalement des faits présumés par le ministère de la Défense, qui a reçu des informations des Nations unies. La jeune femme, dont l'âge n'est pas déterminé, aurait accusé un militaire de la force française Sangaris de l'avoir violée à l'été 2014. De ce rapport forcé serait né en avril un enfant, selon ses déclarations. L'ONU, de son côté, a évoqué jeudi une "jeune fille probablement en fin d'adolescence au moment des faits allégués".

Le parquet de Paris saisi par le ministère de la Défense

Ces accusations, recueillies par des fonctionnaires onusiens, ont été transmises au Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme le 30 août, a précisé la source. Des informations transmises jeudi par l’ONU au ministère français de la Défense, lequel a saisi le parquet de Paris. L'enquête préliminaire visera notamment à étayer, ou non, les accusations portées par la jeune femme. La France enquête déjà sur des accusations de viols entre décembre 2013 et juin 2014, portées par des enfants en Centrafrique.

Ces allégations visent notamment 14 soldats français, qui n'ont jusqu'à présent pas été entendus. L'affaire avait longtemps été tenue secrète, suscitant des critiques contre les autorités françaises quand le quotidien britannique Guardian avait révélé les faits en avril, près d'un an après qu'elles en avaient été informées. Agés de huit à 13 ans, les enfants auraient également été violés par des soldats du Tchad et de Guinée équatoriale.

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