Les forces irakiennes et kurdes engagées depuis trois jours dans la "bataille de Mossoul" sont à moins d'une dizaine de kilomètres de la métropole tenue par Daesh.

Combattants kurdes préparant leur batterie anti-char face aux positions du groue Etat islamiques, à l'est de Mossoul
Combattants kurdes préparant leur batterie anti-char face aux positions du groue Etat islamiques, à l'est de Mossoul © Reuters / Zohra Bensemra

La reconquête de Mossoul progresse plus rapidement que prévu: c'est Haider Al Abadi, Premier ministre irakien, qui est venu en personne le dire à Paris, à l'occasion d'une rencontre diplomatique de haut niveau sur l'après-reprise de Mossoul.

Sur le terrain, trois jours après le lancement de l'offensive au sol pour déloger le groupe Etat islamique de la deuxième ville du pays, au nord de l'Irak, le front progresse vite sur deux axes: au sud de Mossoul, les forces armées irakiennes reprennent une à une les localités tenues par les djihadistes.

L''envoyé spécial de France Inter Philippe Randé se trouve aux côtés des troupes :

A l'est, ce sont les combattants kurdes, les peshmergas, qui sont aux commandes, désormais à moins de 10 kilomètres de Mossoul. Ils concentrent leur offensive sur la ville de Bashiqa, peuplée en grande majorité de chrétiens. Bashiqa fait l'objet d'une opération de grande échelle lancée ce jeudi matin à l'aube par les blindés kurdes, appuyés par les avions de la coalition internationale.

Au cours des dernières heures, les peshmergas ont abattu deux drones de Daesh, semblables à celui qui avait explosé et causé la mort de deux combattants kurdes et blessés des soldats français la semaine dernière.

Eviter un "corridor djihadiste" Mossoul-Raqqa

Au sud et à l'est de Mossoul, les forces combattantes rencontrent, en sens inverse à leur progression, des groupes de civils qui fuient les zones de combats. Pas d'exode massif mais le flot d de déplacés devrait s'amplifier avec l'assaut à venir sur la métropole elle-même où près d'un million de'habitants pourraient se retrouver piégés par les combats. Une situation humanitaire qui inquiète les états-majors occidentaux, car parmi les civils pourraient se dissimuler des combattants de l'EI qui fuiraient en direction de Raqqa, en Syrie, l'autre bastion de Daesh.

ANALYSE :Pour le spécialiste du Moyen-Orient Jean-Pierre Filiu, c'est depuis Raqqa et non Mossoul que Daesh pilote le terrorisme international, c'est donc sur cette ville que la coalition aurait du concentrer ses forces.

François Hollande, à la conférence de Paris ce jeudi, déclarait que "nous devons être exemplaires sur le plan de la poursuite des terroristes qui déjà quittent Mossoul pour rejoindre Raqqa. Nous ne pouvons pas admettre qu'il puisse y avoir simplement comme réussite une évaporation de ceux qui étaient à Mossoul vers d'autres lieux où ils pourraient là encore mener des actions", a-t-il souligné.

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