L'armée est le pilier du régime égyptien depuis 1952, date du coup d'Etat qui a renversé la monarchie. Dès lors, et jusqu'à l'élection de Mohamed Morsi en 2011, le pays n'a été dirigé que par des chefs militaires.

Sur les champs de bataille, l'armée a souvent été mise en déroute sans que cela n'affecte son aura politique. Grâce à son effectif considérable, à son empire économique et financier, elle s'impose comme l'acteur majeur du jeu politique.

L'armée en Egypte
L'armée en Egypte © radio-france

En janvier 2011, au moment du soulèvement populaire, l'armée se montre bienveillante envers les manifestants et refuse d'exécuter les ordres de répression lancés par Moubarak. Cette attitude a pu être analysée comme un moyen habile de reprendre la main sur le pays afin d'empêcher le projet de transmission héréditaire du pouvoir.

L'analyse, à l'époque, de Claude Guibale

Le 11 février 2011, le Conseil supérieur des forces armées prend la direction de l'Etat et entame une "transition démocratique". Cette période débouche sur l'élection du premier président non issu des rangs de l'armée, Mohamed Morsi.

A nouveau, lorsque le peuple égyptien décide de se soulever, cette fois contre Mohamed Morsi et les Frères musulmans, l'armée choisit de prendre sa défense. Après des manifesations monstres émaillées de violence, le général Abdel Fatah al Sissi intervient à la télévision pour lancer un ultimatum au président. Le chef d'Etat a 48 heures pour satisfaire les revendications du peuple, sinon les militaires appliqueront leur propre feuille de route pour sortir l'Egypte de la crise.

Devant l'obstination de Morsi, les hommes du général ont mis leur menace à exécution et renversé le régime. Tout indique qu'il s'agit d'un coup d'Etat militaire, mais, dans l'imaginaire des égyptiens, l'armée reste le vecteur du changement.

Abdel Fatah al Sisi, le nouvel homme fort

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