[scald=27867:sdl_editor_representation]AMMAN (Reuters) - Les chars de l'armée syrienne sont entrés dans la nuit de samedi à dimanche dans Hama, un des principaux foyers du mouvement de contestation contre le régime de Bachar al Assad, tuant au moins 24 civils, ont rapporté des habitants joints par téléphone.

"Les chars nous attaquent en provenance de quatre directions différentes. Leurs mitrailleuses tirent à l'aveugle et les chars détruisent les barricades érigées dans les rues par des habitants", a témoigné un médecin préservant son anonymat par peur de représailles.

Dix-neuf, trois et deux corps ont été respectivement dénombrés à Badr, Horani et Hikmeh, les trois hôpitaux de la ville, où de nombreux blessés ont par ailleurs été admis, a-t-il poursuivi, ajoutant que les hôpitaux manquaient de poches de sang pour des transfusions.

"Le bilan est lourd, il y a des corps dans les rues qui n'ont pas encore été ramassés", a indiqué un autre habitant, ajoutant que des tireurs d'élite avaient pris position sur les toits de la prison principale de la ville ainsi que sur le siège de la compagnie nationale d'électricité.

Hama, dans le centre de la Syrie, a été le théâtre de certaines des plus grandes manifestations de la contestation qui a débuté à la mi-mars.

C'est aussi une ville-martyre dans l'histoire récente de la Syrie: en 1982, des milliers de personnes y avaient été tuées par l'armée syrienne lors de la répression d'un soulèvement islamiste ordonnée par le père de Bachar al Assad, Hafez. Certaines estimations avancent un bilan de 30.000 morts.

En mai, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, naguère un des principaux alliés d'Assad, a prévenu le président syrien: "Nous ne voulons pas assister à un nouveau massacre d'Hama."

Lancé à la mi-mars dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne, le mouvement de contestation aurait fait 1.634 morts, selon un récent rapport de l'ONG Avaaz, qui avance également le nombre de 2.918 disparus. Il y aurait eu également plus de 25.000 personnes arrêtées, dont la moitié serait toujours derrière les barreaux.

Khaled Yacoub Oweis; Henri-Pierre André et Marine Pennetier pour le service français

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