En cavale depuis un mois, l'ex-militant d'extrême-gauche et membre d'un groupe armé pendant les "années de plomb" a été de nouveau arrêté en Bolivie, et va être extradé. Des deux côtés de l'Atlantique, les dirigeants populistes du Brésil et de l'Italie s'échangent des félicitations publiques... et enthousiastes.

Cesare Battisti à Cananeia, au Brésil, en octobre 2017
Cesare Battisti à Cananeia, au Brésil, en octobre 2017 © Maxppp / FERNANDO BIZERRA JR./EPA/Newscom

Arrêter quelqu'un qui a le parcours de Cesare Battisti, c'est presque un cadeau de Noël en retard pour les deux dirigeants de droite dure du Brésil et de l'Italie. Militant d'extrême-gauche dans années 70, condamné par contumace (en son absence) à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre homicides et complicité de meurtre en Italie, réfugié successivement en France puis au Brésil, il y avait été arrêté en 2007 avant une longue bataille judiciaire et politique, qui avait abouti au refus de son extradition en 2010 par le président brésilien Lula da Silva.

En décembre 2018, son successeur Michel Temer avait signé l'acte d'extradition, poussant Cesare Battisti à fuir à nouveau... Jusqu'à son arrestation en Bolivie ce samedi. Il devrait rapidement être expulsé vers le Brésil, avant d'être extradé en Italie.

Sans doute la fin de la cavale pour Battisti, et un motif de réjouissances très politique pour Jair Bolsonaro, le nouveau président brésilien. Ce dernier a immédiatement fait le lien avec la politique du Parti des Travailleurs sur le cas Battisti, dont le fort rejet dans l'opinion publique a largement favorisé son élection. "Justice sera faite pour l'assassin italien, qui partage les idées d'un des gouvernements les plus corrompus qui aient existé au monde", a-t-il rapidement lancé.

"Le petit cadeau arrive"

Depuis, les dirigeants brésiliens et italiens se sont également lancés dans un étonnant "ping-pong" de félicitations des deux côtés de l'Atlantique. Le fils de Jair Bolsonaro, le député Eduardo Bolsonaro, s'est ainsi fendu d'un tweet directement adressé au ministre de l'Intérieur populiste italien : "Le Brésil n'est plus une terre de bandits. Matteo Salvini, le "petit cadeau" arrive". Avant d'ajouter : "Ciao Battisti, la gauche pleure", là encore en référence à la position de Lula sur l'activiste italien.

Matteo Salvini s'est lui aussi exprimé sur la question, félicitant les forces de police locales et évoquant "un délinquant qui ne mérite pas une vie confortable à la plage, mais de finir ses jours en prison".

Message repris ensuite par Jair Bolsonaro au Brésil, félicitant le ministre italien et l'assurant qu'il pourra "toujours compter sur nous". Ce dernier répondant ensuite d'un enthousiasme "merci du fond du cœur, président Bolsonaro !"

Matteo Salvini qui en profite lui aussi pour taper sur "la gauche", avec un dernier tweet moquant l'indulgence dont aurait selon lui bénéficié Battisti : "Une première pensée pour les familles des victimes de ce meutrier qui a bénéficié pendant des années de la vie qu'il a lâchement enlevée à d'autres, choyé par la gauche. Le farniente, c'est fini !, assure-t-il, photo éloquente à l'appui.

Le Brésil assure plus officiellement avoir pris les choses en mains : "les ministères de la Justice et des Affaires étrangères sont en train de prendre toutes les mesures nécessaires, en coopération avec les gouvernements de la Bolivie et de l'Italie, pour le remettre aux autorités italiennes", promettent les deux ministères dans un communiqué.

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