Une loi, définitivement adoptée début novembre, prévoit d’indexer les allocations familiales sur le niveau de vie du pays d'origine des allocataires, lorsque ces derniers ont laissé leurs enfants dans leur pays. Cette loi fait polémique.

Manifestation anti-gouvernementale à Vienne (Autriche)
Manifestation anti-gouvernementale à Vienne (Autriche) © AFP / JOE KLAMAR

Tous les jeudis soirs, les opposants à la coalition de droite au pouvoir, alliance des conservateurs et de l’extrême-droite, manifestent à Vienne, en Autriche. Ils dénoncent une loi votée le 24 octobre par les députés et validée par le sénat le 8 novembre. À partir du 1er janvier 2019, le montant des allocations familiales versées à un ouvrier sera calculé en fonction du niveau de vie dans le pays d'origine de cet ouvrier et non plus sur le niveau de vie autrichien. 

Exemple : un ressortissant hongrois travaillant en Autriche et dont l’enfant est resté en Hongrie percevra une allocation indexée sur le niveau de vie en Hongrie et non plus sur celui de l'Autriche. Cette mesure est inédite en Europe et la Commission européenne surveille de près son application.

Car indexer les allocations familiales est contraire au droit européen selon la Commission, qui annonce qu’elle pourrait enclencher une procédure d’infraction contre l’Autriche. D'autant que le niveau de vie en Autriche est nettement plus élevé que celui dans les pays alentours  dont sont originaires les migrants. 

Avec cette loi, l’Autriche veut économiser 100 millions d’euros par an sur les 250 millions qu’elle verse chaque année pour des enfants vivant à l’étranger. Cette mesure vise en grande majorité ses pays frontaliers. Dana Kardosova est une aide-soignante slovaque travaillant à Vienne. L’allocation pour son enfant, resté à Bratislava, va baisser de 70 euros par mois :

On paie les même taxes que les Autrichiens, on devrait donc recevoir les mêmes prestations ! Avec cette mesure, certains pourraient être incités à ne plus venir travailler en Autriche.

Mais Vienne est prête au bras de fer, selon Franz Marhold, spécialiste du droit social européen :

80% des Autrichiens sont favorables à cette mesure, le gouvernement ne peut donc que gagner ! C’est pourquoi, ils prennent le risque de cette querelle judiciaire, qu’ils savent perdue d’avance mais ce gouvernement cherche la confrontation avec les institutions européennes pour des raisons politiques.

L’opposition dénonce un mauvais signal envoyé aux partenaires européens alors que l’Autriche assure la présidence tournante de l’Union jusqu’en décembre prochain. 

► ECOUTER | Le reportage de Isaure Hiace

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En Autriche, l'opposition mobilisée contre une réforme sur les allocations familiales visant les étrangers

Par Isaure Hiace
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