Tous les chefs d’Etat et de gouvernements européens convergent à Salzbourg en Autriche pour un mini-sommet entièrement consacré à la question migratoire.

Le jeune Chancelier Sebastian Kurz a donc choisi le thème et la ville : Salzbourg à la frontière entre l’Autriche et l’Allemagne.
Le jeune Chancelier Sebastian Kurz a donc choisi le thème et la ville : Salzbourg à la frontière entre l’Autriche et l’Allemagne. © AFP / Vincenzo PINTO

L'Autriche est gouvernée depuis bientôt un an par une coalition entre les conservateurs et l'extrême-droite et assure jusqu'à la fin de l'année la présidence tournante de l’Union Européenne. Le jeune Chancelier Sebastian Kurz a donc choisi le thème et la ville pour ce mini-sommet : Salzbourg à la frontière entre l’Autriche et l’Allemagne.

Le long de cette frontière à la sortie de Salzbourg, on voit des bouchons et une file ininterrompue de camions.

A la sortie de Salzbourg, des bouchons, une file ininterrompue de camions.
A la sortie de Salzbourg, des bouchons, une file ininterrompue de camions. © Radio France / Ludovic Piedtenu

L’Allemagne, à quelques kilomètres de là, a en quelque sorte aboli Schengen et rétabli les contrôles à la frontière. Sur plus de 800 kilomètres de bordure commune, on retrouve ce type de contrôles renforcés à trois endroits seulement sur les grands axes autoroutiers.

Du "spectacle", un "théâtre", une "opération de communication"

Du "spectacle", un "théâtre", une "opération de communication" disent les autrichiens sceptiques face à la méthode allemande. La même que celle qu’applique à sa frontière sud, l’Autriche et son nouveau gouvernement de coalition conservateurs-extrême-droite.

Nous sommes avec ce jeune autrichien Lukas sur l’aérodrome de Schärding-Suben où avec son avion, il se joue des frontières. Quand il doit prendre la route, il fait en sorte d’éviter la police. 

Lukas, un jeune autrichien sur l’aérodrome de Schärding-Suben où avec son avion, il se joue un peu des frontières.
Lukas, un jeune autrichien sur l’aérodrome de Schärding-Suben où avec son avion, il se joue un peu des frontières. © Radio France / Ludovic Piedtenu

Lukas : 

Il y a beaucoup d’endroits, de rues où tu peux passer la frontière sans contrôle… Mais tu dois le savoir… Pour une personne du coin, ça va…  Moi quand je veux aller en Allemagne, je ne passe jamais par l’autoroute et le point de contrôle tout près d’ici… Pourquoi ils font ça ? Pour moi, c’est juste de l’ordre d’une action symbolique. Ils montrent qu’ils veulent reprendre le contrôle de la situation mais c’est totalement exagéré."

Allemands et Autrichiens se sont répartis les charges

Sur la même longueur d’onde politique, Allemands et Autrichiens se sont répartis les charges. Chacun a renforcé la surveillance de ses frontières sud… Côté bavarois, le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer a même crée depuis le 18 juillet une toute nouvelle police aux frontières. Son directeur Robert Anderl :

"Ce que je vois, c’est qu’avec plus de contrôles, il y a moins de gens qui viennent dans notre pays et qui pénètrent en Allemagne. Pour nous, la communication avec les Tchèques et les Autrichiens est très importante. C’est vrai qu’avec l’Autriche, la coopération est très, très bonne. On travaille ensemble ! Ce travail à l’échelle européenne, c’est un facteur important."

Le premier bilan a été dressé il y a quelques jours. On compte 220 interpellations pour « entrée illégale sur le territoire allemand » en 6 semaines, soit une moyenne de 5 arrestations par jour.

Pendant la même période, sur ces trois points de contrôle, les mêmes fonctionnaires ont dressé trois fois plus de PV pour des infractions au code de la route.

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