Alexander Van der Bellen, la veille de sa victoire
Alexander Van der Bellen, la veille de sa victoire © MaxPPP / Florian Wieser

Le résultat définitif de l’élection présidentielle autrichienne a été publié ce lundi après-midi. C’est l'écologiste Alexander Van der Bellen qui a été élu avec 50,3% des voix, battant ainsi de justesse le candidat d'extrême droite Norbert Hofer.

Il aura donc fallu dépouiller jusqu’au dernier bulletin pour connaître le nom du nouveau président autrichien. Norbert Hofer, candidat du Parti de la Liberté (FPÖ), eurosceptique et islamophobe, et Alexander Van der Bellen, soutenu par les écologistes, étaient encore au coude à coude ce dimanche soir : 144.006 voix les séparaient. Après publication des résultats définitifs, Alexander Van der Bellen l'emporte avec 31.026 voix d'avance. Ce sont les votes par correspondance (900.000), traditionnellement défavorables au FPÖ, qui ont fait la différence, alors qu'au premier tour, le candidat du FPÖ était arrivé largement en tête avec 35% des suffrages, tandis que son rival avait obtenu 21,3% des voix.

Alexander Van der Bellen a prononcé en fin de journée son premier discours de vainqueur, sans triomphalisme. Le reportage de notre envoyé spécial à Vienne, Bertrand Gallicher.

La victoire d'un écologiste indépendant libéral

Ancien professeur d'économie, libéral, cet écologiste de 72 ans - ancien dirigeant des Verts - a su rassurer à droite. Européen convaincu, il a mené campagne au centre pour fédérer. Après avoir été sanctionnés au premier tour, les partis traditionnels n'avaient pas donné de consigne de vote, comme c'est la tradition en Autriche. Alexander Van der Bellen est donc allé emmagasiné les soutiens individuels pendant l'entre-deux-tours. Dans une campagne marqué par la question migratoire, le septuagénaire s'est décrit comme un "enfant de réfugiés", fruit de l'union d'un aristocrate russe et d'une mère estonienne ayant fuit le stalinisme. Il a grandi dans le Tyrol après que sa famille a duit l'Armée Rouge, arrivée à Veinne en 1945.

C'est le premier candidat issu du camp écologiste à être élu à la tête de l'Etat autrichien.

L'extrême droite battue d'un cheveu

Sur sa page Facebook, Norbert Hofer, député de 45 ans, ingénieur aéronautique de formation, a reconnu sa défaite avant même l'annonce officielle des résultats par le ministère autrichien de l'Intérieur : "Chers amis ! Je vous remercie pour votre soutien. Bien sûr, je suis triste aujourd'hui .Les efforts déployés pour cette campagne ne sont pas perdus, mais sont un investissement pour l'avenir ".

Le candidat de 45 ans permet toutefois au FPÖ de réaliser son meilleur score à un scrutin national. Evitant les dérapages xénophobes, il a basé sa campagne sur la défense du pouvoir d'achat, et recueille 49,7% des voix, essentiellement chez les hommes, les personnes peu ou pas diplômées, et les ouvriers.

Alexander Van der Bellen prendra ses fonctions le 8 juillet.

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