Depuis l’effondrement de l’URSS et l’accident de la navette spatiale Columbia en 2003, la course à l’espace s’est muée en une vaste opération commerciale, où l’exploration a cédé la place au développement d’activités lucratives. Mais dans cette aventure, de nouveaux acteurs relancent l’imagination.

Le 13 décembre 2018, SpaceShipTwo, une navette réutilisable intégralement financée sur fonds privés, réalisait son premier vol suborbital. Un modèle qui se développe dans l’aventure spatiale.
Le 13 décembre 2018, SpaceShipTwo, une navette réutilisable intégralement financée sur fonds privés, réalisait son premier vol suborbital. Un modèle qui se développe dans l’aventure spatiale. © VirginGalactic

En 2018, le secteur spatial civil a pesé 270 milliards de dollars, estime le cabinet de conseil Euroconsult. "À 98% dans les services issus des satellites, contre 2% pour le pur spatial. Et à elles seules, les télécommunications pèsent plus de la moitié de ce chiffre d’affaires (54%), avec une montée en puissance de la géolocalisation", précise Steve Bochinger.

Le produit de deux décennies de désengagement des États, en particulier des États-Unis, et d’incitations publiques en direction du secteur privé. Le développement d’internet et la boulimie de données, à produire ou à transporter, crée de la place pour les opérateurs privés. En 2006, la Nasa va jusqu’à déléguer ses lancements.

Des millions pour motiver

Pour autant, l’aventure spatiale n’est pas morte. Et c’est le secteur privé qui a repris la flambeau. À l’instar de SpaceIL, une structure israélienne à but non lucratif, qui lance la première mission lunaire non publique, avec l’aide de SpaceX et de son lanceur Falcon9.

À l’ère du New Space, c’est l’initiative privée qui finance l’aventure. Et elle n’a pas fini de le faire.

SpaceIL a en effet participé au Google Lunar X Prize, un prix qui devait récompenser la première entreprise privée capable de poser un rover sur la surface lunaire, de le faire rouler 500 mètres au moins et de renvoyer des images à la Terre.

Lâchée par Google en 2011, la compétition s’inspirait de l'Ansari X Prize, qui a permis de lancer la construction d'un aéronef spatial privé réutilisable permettant d’emporter des passagers en vol suborbital. Les 10 millions de dollars remportés par SpaceShipOne le 4 octobre 2004 auront motivé un projet de tourisme spatial. Qui aura néanmoins englouti 100 millions de dollars de son côté…

Du business pour justifier 

Concourir pour le XPrize, c’est aussi développer la promesse de bonnes affaires. Ainsi, la responsable des dotations à la fondation XPrize estime-t-elle que les compétiteurs du Lunar XPrize ont « collecté plus de 300 millions de dollars grâce à des partenariats d'entreprises, des contrats gouvernementaux et du capital risque ».

Car la Lune, comme nombre d’objets célestes, recèle potentiellement des richesses. Des richesses que de jeunes entreprises, à l’instar de la start-up nippo-luxembourgeoise iSpace ont déjà entrepris d’exploiter.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.