Recep Tayyp Erdogan vient de censurer Twitter en Turquie
Recep Tayyp Erdogan vient de censurer Twitter en Turquie © REUTERS

Le Premier ministre turc a ordonné jeudi le blocage de Twitter, coupable selon lui de diffuser des conversations téléphoniques qui le mettent en cause dans un vaste scandale de corruption, ce qui a suscité une avalanche de critiqueset de tweets...

Dans la dernière ligne droite d'une campagne électorale municipale très tendue par les affaires de corruption qui visent le régime, M. Erdogan a annoncé sa décision au cours d'un mééting:

Nous allons éradiquer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale. ... La liberté n'autorise pas l'intrusion dans la vie privée de qui que ce soit ou l'espionnage des secrets d'Etat

Cette déclaration de guerre aux internautes a été très mal vécue en Turquie. Même le chef de l'Etat a dénoncé ce blocage. ... "On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux, j'espère que cette situation ne durera pas longtemps", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Erdogan avait envisagé de censurer également Facebook et YouTube.

50% de tweets en plus

La décision des autorités a été rapidement contournée par les internautes qui ont pu accéder au réseau via d'autres serveurs ou via des texto relayée par le site de microblogging.

Le pays, qui compte plus de dix millions d'abonnés en Turquie, a enregistré jeudi 50% de tweets de plus qu'une journée normale.

Twitter n'a pas diffusé de réaction officielle mais dans un tweet à l'adresse de ses utilisateurs turcs, la société californienne indique comment continuer à publier par SMS.

Des appels à manifester vendredi ont commencé sur les réseaux sociaux dans les trois plus grandes villes du pays, Ankara, Istanbul et Izmir.

A Istambul, la correspondance de Jérôme Bastion

Censure étonnante pour un pays qui aspire à entrer dans l'UE

La décision du gouvernement a provoqué de nombreuses réactions outrées à l'étranger. Le commissaire européen à l'Elargissement, "très inquiet", a rappelé à Ankara, candidat à l'adhésion, que "l'usage des réseaux sociaux est une liberté fondamentale de l'Union européenne".

L'mbassade de Grande Bretagne à Ankara et le porte-parole du gouvernement allemand, ont appelé le gouvernement turque a revenir sur sa décision, rappelant que "dans une société libre, le choix des moyens utilisés pour communiquer appartient aux citoyens, pas à l'Etat".

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