La révérend Kat Campion-Spall pleure de joie après la réunion du Synode qui a approuvé la consécration des femmes évêques
La révérend Kat Campion-Spall pleure de joie après la réunion du Synode qui a approuvé la consécration des femmes évêques © REUTERS/Nigel Roddis

Le synode général de l'Église d'Angleterre doit entériner ce lundi la réforme autorisant l'ordination de femmes évêques, une réforme historique votée au mois de juillet dernier et qui devrait ouvrir la voie à de premières ordinations dès 2015.

Ce changement, défendu par Justin Welby, l'archevêque de Cantorbéry, chef spirituel des 80 millions d'Anglicans dans le monde, avait été voté par les trois collèges de délégués réunis à York et approuvé à la majorité requise des deux tiers. Un précédent vote, en novembre 2012, avait échoué de seulement six voix sur des résistances au sein du collège des laïcs.

La décision, qui rompt avec plusieurs siècles d'interdiction, était défendue par le premier ministre britannique, David Cameron.

Le 24 octobre dernier, la reine d’Angleterre, qui demeure par tradition à la tête de l'Eglise anglicane, a signé le décret final, après l’aval de la Chambre haute britannique et de la Chambre basse du parlement britannique.

Le synode général de l’Église d’Angleterre, ce lundi et mardi doit inscrire cette modification dans son droit canonique. Une étape qui s'annonce comme une formalité.

Les premières femmes évêques pourraient être ordonnées d’ici à la fin de l’année.

En Angleterre, les femmes peuvent être ordonnées prêtres depuis 1992

Les premières ordinations ont eu lieu deux ans plus tard, et les femmes représentent aujourd'hui un tiers du clergé.

L'Eglise d'Angleterre s'était vu reprocher une attitude rétrograde en n'autorisation pas l'ordination de femmes évêques. Une frilosité qui contrastait avec l'attitude plus progressiste d'autres Eglises anglicanes, comme celles du Pays de Galles, des Etats-Unis, d'Australie, du Canada et du Swaziland.

L'anglicanisme est née d'une scission avec l'Eglise catholique au XVIe siècle, après le refus du pape d'accorder au roi Henri VIII l'annulation de son mariage.

L'un des principaux dirigeants de l'Eglise d'Angleterre, l'archevêque d'York, John Sentamu, avait alors salué un "jour historique" en relevant que "des générations de femmes ont servi le Seigneur avec ferveur au sein de l'Eglise d'Angleterre depuis des siècles".

La réforme était rès attendue, notamment par les femmes prêtres.

Après la décision historique du synode de York, environ 150 personnes, dont des femmes prêtres, sont sorties pour célébrer l'événement, en débouchant des bouteilles de champagne et se donnant l'accolade.

Franck Mathevon a rencontré Rosy Harper, ordonnée prêtre il y a 15 ans. Ele vit cette réforme comme une libération

Une réforme qui ne satisfait pas tout le monde

Pour apaiser les opposants - notamment les "anglo-catholiques", un groupe proche du Vatican - la réforme prévoit que les paroisses traditionalistes ne souhaitant pas être sous l'autorité d'une femme évêque puissent demander à être dirigées par un homme.

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