Adli Mansour
Adli Mansour © Reuters / Amr Abdallah Dalsh

Le juge Adli Mansour, président de la Haute Cour constitutionnelle égyptienne, a prêté serment jeudi en tant que chef de l'Etat par intérim. Il succède ainsi au président Mohamed Morsi, destitué la veille, dans le cadre du processus de transition défini par l'armée. Le magistrat a promis de nouvelles élections sans avancer de calendrier.

Je m'engage à préserver le système de la République, à respecter la Constitution et la loi et à protéger les intérêts du peuple.

Le compte-rendu, sur place, de Vanessa Descouraux

L'éviction de Mohamed Morsi par les forces armées a été saluée par les millions d'Egyptiens qui ont réclamé sa démission dimanche lors de manifestations monstres et plusieurs centaines de milliers de personnes ont célébré l'événement cette nuit place Tahrir, au centre du Caire.

Ce rassemblement a encore une fois été terni par des exactions dont sont victimes les femmes de la révolution.

Aalam Al Wassel, bloggeur égyptien, invité d'Hélène Jouan ce matin

L'avenir des islamistes

Les Frères musulmans font partie du peuple et ils sont invités à participer à la construction de la nation dont personne n'est exclu et, s'ils répondent à cette invitation, ils seront les bienvenus

C'est ce qu'a déclaré à l'issu d'une conférence de presse, le président égyptien par intérimAdli Mansour.

Pourtant, le parquet égyptien a émis des mandats d'arrêt à l'encontre de Mohamed Badie, chef de file des Frères musulmans, et de son adjoint Khaïrat al Chater, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires et militaires au lendemain de l'éviction du président Mohamed Morsi. Ils sont recherchés pour incitation à la violence dans l'enquête sur les heurts qui ont fait huit morts cette semaine devant le siège cairote de la confrérie.

L'analyse de notre correspondante, Vanessa Descouraux

De son côté, le Front de salut national (FSN), qui rassemble libéraux, laïcs et militants de gauche, s'est prononcée jeudi dans un communiqué contre l'exclusion des partis politiques se réclamant de l'islam.

Des réactions mitigées

L'action militaire en Egypte a été accueilli plus ou moins favorablement dans le reste du monde.

A Londres, le ministre des Affaires étrangères, William Hague assure que son pays allait "travailler" avec le nouveau pouvoir mais a réaffirmé que le Royaume-Uni ne soutenait pas "les interventions militaires."

L'Allemagne se veut beaucoup plus sévère. Guido Westerwelle, ministre des Affaires étrangères a eu des mots durs pour qualifier la chute de Mohamed Morsi :

Il s'agit d'un échec majeur pour la démocratie en Egypte. Il est urgent que le pays retourne aussi vite que possible à un ordre constitutionnel.

Guido Westerwelle a aussi appelé tous les parties à renoncer à la violence et à éviter les arrestations politiques.

La France de son côté, par la voix de Laurent Fabius, a simplement pris acte que de nouvelles élections étaient annoncées et souhaite que cette échéance se prépare dans le respect de la paix civile.

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