Au moins 30 personnes ont été tuées vendredi en Egypte, où les islamistes manifestaient leur colère contre l'éviction du président Mohamed Morsi, victime de ce qu'ils considèrent comme un "coup d'Etat militaire".

Deux jours après le renversement du premier président démocratiquement élu de l'histoire du pays, les libéraux du Front de salut national (FSN) avaient également appelé leurs militants à descendre dans les rues pour "protéger la révolution du 30 juin".

Les affrontements les plus meurtriers se sont produits à Alexandrie, la deuxième ville du pays, où douze personnes ont été tuées et 200 autres blessées, selon le chef des services d'urgence de la ville.

Reportage, sur place, d'Alice Serrano

Au Caire, cinq personnes ont été tuées tandis que des affrontements ont opposé des centaines de partisans et d'adversaires de Morsi à la tombée de la nuit dans le centre de la capitale.

Le calme est revenu en fin de soirée lorsque l'armée a déployé des blindés et des véhicules de transport de troupes en fin de soirée.

Le point de notre correspondante au Ciare, Vanessa Descouraux

Dans l'après-midi, trois manifestants islamistes avaient été tués par balle devant la caserne de la Garde républicaine où est détenu Mohamed Morsi depuis sa destitution par l'armée, mercredisoir. L'armée a pour sa part affirmé que les soldats n'avaient tiré que des balles à blanc et des grenades lacrymogènes pour maîtriser la foule.

Dans le nord du Sinaï, cinq policiers ont été tués par balles dans des incidents distincts à El Arish, sans que l'on sache avec précision si ces attaques, qui avaient débuté la veille au soir, sont liées à la situation politique depuis la destitution de Morsi par l'armée.

Les islamistes pris pour cible

Dans l'intervalle, la Chambre haute du parlement, le Conseil de la Choura, a été dissoute vendredi et un nouveau chef des services de renseignement, Mohamed Ahmed Farid, a été nommé. Et la répression qui s'est abattue dès la destitution de Morsi sur le camp islamiste s'est poursuivie.

Après le prédicateur salafiste Hazem Salah Abou Ismaïl, accusé d'incitation à la violence, c'est un des plus hauts responsables des Frères musulmans, Khaïrat al Chater, qui était arrêté à son tour, a-t-on appris dans la nuit de vendredi à samedi auprès de son parti et de sources sécuritaires. Pour le porte-parole de la confrérie islamiste Gehad El-Haddad,

c'est le retour du vieil Etat policier de Moubarak avec tous les ingrédients et le cauchemar que nous vivions avant la révolution du 25 janvier 2011. C'est comme si nous avions enfoncé la touche retour en arrière.

La justice a cependant ordonné vendredi la libération de Saad el Katatni, le chef du Parti liberté et justice (PLJ), émanation politique des Frères, et de Rachad al Bayoumi, l'un de ses adjoints, arrêtés la veille, dans l'attente des résultats de l'enquête pour incitation à la violence qui les vise.

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