manifestations à haut risque en égypte
manifestations à haut risque en égypte © reuters

La tension continue de monter en Egypte entre les soutiens du régime et les manifestants qui réclament, en vain, le départ du président Mohamed Morsi. L'armée est prête à se déployer dans les rues du Caire et des autres villes du pays pour empêcher d'autres affrontements.

Hier, après un week-end de manifestations, l'opposition a laissé 24h à Mohamed Morsi pour quitter le pouvoir. Le chef d'Etat, élu depuis à peine un an, a choisi d'ignorer l'ultimatum malgré l'effritement de son gouvernement. Du coup, la place Tahrir au Caire se noircie à nouveau de manifestants. Ce soir, l'opposition appelle à une grande marche en direction du palais présidentiel pour maintenir la pression.

Les anti-Morsi, rassemblés sous la bannière du Front de salut national (FSN), ont choisi Mohamed ElBaradei pour les représenter. L'homme avait obtenu le prix Nobel de la Paix en 2005 pour son travail à la tête de l'Organisation internationale de l'énergie atomique.

La risposte des Frères musulmans

La confrérie dont est issu Mohamed Morsi a aussi rejetté l'ultimatum, celui posé par l'armée. Hier, le général Abdel Fattah el Sisi a donné 48h aux responsables politiques pour satisfaires les revendications populaires.

"L'époque des coups d'Etat militaires est révolue" a répondu Yasser Hamza, un des dirigeants du Parti pour la liberté et la justice, l'aile politique des Frères musulmans. Les islamistes manifesteront aussi cette nuit, en soutien au président Morsi et pour défendre sa légitimité, certains allant même jusqu'à appeler au "martyre".

L'armée sur le qui-vive

Ce soir, le président Morsi a rencontré le général Abdel Fattah el Sisi.

Les militaires veulent éviter toute nouvelle explosion de violences. Des forces d'interventions rapides sont prêtes à investir les rues du Caire et des autres villes d'Egypte.

Pour sortir le pays de la crise, le Conseil suprême des forces armées dispose d'une "feuille de route" qu'elle utilisera si Mohamed Morsi s'obstine à confisquer le pouvoir.

Cette "feuille de route" prévoit de suspendre la constitution, de dissoudre le parlement et de confier le pouvoir à un conseil intérimaire composé surtout de civils. Ce conseil pourrait gouverner le temps de rédiger une nouvelle constitution et d'organiser une élection présidentielle.

Les explications de notre correspondante, Vanessa Descouraux

Lien dossier Egypte
Lien dossier Egypte © Radio France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.