hazem el beblaoui nommé premier ministre en égypte
hazem el beblaoui nommé premier ministre en égypte © reuters

Après la chute de Mohamed Morsi, l'Egypte a enfin un nouveau gouvernement. Les ministres ont prêté serment, hier, devant le président par intérim désigné par l'armée, Adly Mansour. Le ministère de la Défense reste aux mains du général al-Sissi, homme clé de cette nouvelle révolution.

La formation du gouvernement intervient après une nouvelle nuit de violence au Caire, de lundi à mardi, qui ont fait 7 morts en marge de défilés pro-Morsi. Les Frères musulmans ont d'ors et déjà annoncé qu'ils ne reconnaissaient pas ce pouvoir.

Après une semaine de consultations menées par le Premier ministre Hazem Beblawi, des personnalités diverses ont été choisies mais aucune n'est affiliée à un parti islamiste.

Pourtant, Hazem Beblawi n'avait pas exclu la présence des Frères musulmans. Un appel que la confrérie avait balayé pour ne pas "pactiser avec des putschistes".

Le gouvernement

Le portefeuille des Affaire étrangères revient à un ancien ambassadeur à Washington, Nabil Fahmy. Celui des finances à Ahmad Galal, économiste qui a travaillé pour la banque mondiale.

Le ministère de la Défense reste aux mains du général Abdel Fattah al-Sissi , également vice-Premier ministre et homme clé de la chute de Morsi.

Il y a deux autres vice-premier ministre : l'économiste Ziad Bahaa Eldin, ministre de la Coopération internationale et Hossam Eissa, ministre de l'Enseignement supérieur.

Trois ministères reviennent à des femmes . C'est le cas de la Santé qui va à Maha Zein al-Abidine.

Le gouvernement compte aussi trois coptes : Mounir Fakry Abdel Nour, ministre du Commerce, Leila Iskandar à l'Environnement et Ramzi George Estino à la Recherche scientifique.

Enfin, Mohamed ElBaradei, figure de l'opposition anti-Morsi, avait déjà prêté serment comme vice-président chargé des relations internationales.

Un pays toujours divisé

La tension entre les pro et les anti-Morsi n'est toujours pas retombée. Depuis le début du mois, les violences ont fait une centaine de morts.

Dans la nuit de lundi à mardi, 7 personnes ont été tuées et plus de 260 blessées lors de manifestations anti-Morsi au Caire. Les autorités ont annoncés 400 interpellations.

Les partisans de Mohamed Morsi dénoncent toujours un "coup d'Etat militaire" contre le premier président démocratiquement élu. Ils appellent à poursuivre la mobilisation jusqu'à son retour.

La question du Sinaï

Israël a autorisé l'armée égyptienne à renforcer sa présence dans le Sinaï, zone théoriquement démilitarisée, en raison de la multiplication des attaques islamistes dans la région, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Moshe Yaalon.

Conformément à l'accord de paix conclu en 1979 entre les deux pays, le Sinaï est largement démilitarisé.

L'Egypte a fait une demande, une série de demandes récemment, pour que nous les autorisions à envoyer des renforts pour traiter ce problème.Tant qu'ils utilisent ces forces pour combattre le terrorisme, ce qu'ils font à notre demande, et qu'il ne violent pas le traité, nous leur permettons tout à fait de combattre les défis posés par les islamistes dans le Sinaï.

Les attaques de militants islamistes profitant du vide politico-sécuritaire se sont multipliées dans le Sinaï depuis la chute d'Hosni Moubarak il y a deux ans et demi, et ont redoublé d'intensité après la destitution de Mohamed Morsi.

Des tirs de roquettes imputés à des extrémistes islamistes ont fait trois morts et 17 blessés lundi matin à bord d'un car qui transportait des employés d'une cimenterie.

Egypte : les nouveaux hommes forts
Egypte : les nouveaux hommes forts © Radio France
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