l'enquête sur l'attentat de 1994 au rwanda est achevée
l'enquête sur l'attentat de 1994 au rwanda est achevée © reuters

L'Élysée vient de déclassifier les archives de la présidence relatives au génocide commis au Rwanda en 1994 et portant sur la période 1990-1994. Une décision avant tout symbolique à la veille du 21e anniversaire du déclenchement du massacre qui a fait 800.000 morts.

Que va-t-on trouver dans ces archives ?

A priori, peu de choses qu'on ignore, puisqu'une bonne partie des archives de l'Élysée est déjà connue ou a discrètement "fuité" : des notes de conseillers militaires, des comptes-rendus de conseils restreints de Défense... Autant d'archives assez accablantes sur le rôle joué par le président François Mitterrand, ses conseillers Afrique et l'état-major militaire dans leur soutien à un régime extrémiste hutu engagé dans une logique génocidaire. Ce qu'ont toujours contesté avec fermeté les acteurs politiques et militaires de cette période.

"Insuffisant", estiment plusieurs associations

C'est le cas de l'association "Survie", partie civile dans des dossiers judiciaires qui concernent le rôle de la France au Rwanda. Des enquêtes sont actuellement en cours au pôle antiterroriste sur l'attentat contre l'avion du président rwandais, le 6 avril 1994, qui a servi de "déclencheur" à un génocide préparé de longue date. Des investigations sont également menées au pôle génocide sur le rôle des militaires français.

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Dans ce contexte, "Survie" demande la déclassification de documents diplomatiques et militaires sensibles, ainsi que l'accès aux archives des services secrets français et de la coopération militaire. L'Élysée assure, de son côté, que d'autres archives seront déclassifiées : à l'Assemblée nationale, au Quai d'Orsay et au ministère de la Défense.

Déclassification symbolique... mais très politique

Ce lourd dossier a toujours été "une épine dans le pied" des relations franco-rwandaises : rupture des relations diplomatiques en 2006 puis réconciliation en 2009 sous la présidence Sarkozy qui reconnaît alors de "graves erreurs d'appréciation" et une forme d'aveuglement de la France.

Vingt ans après le génocide, le premier procès d'un extrémiste hutu se tient finalement à Paris. Mais en avril 2014, les déclarations du président rwandais Paul Kagame sur l'implication de la France dans le génocide remettent le feu aux poudres : annulation de la visite de la garde des sceaux Christiane Taubira pour les commémorations du génocide et accréditation retirée par Kigali à l'ambassadeur de France.

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