En Espagne, le mandat d'arrêt international à l'encontre du leader catalan et de cinq autres dirigeants indépendantistes ayant fui à l'étranger a été levé par le juge espagnol chargé de l'enquête.

Le leader indépendantiste Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne
Le leader indépendantiste Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne © Maxppp / OMER MESSINGER

Ce retrait intervient après la décision, il y a une semaine, de la justice allemande de n'autoriser l'extradition de Carles Puigdemont vers l'Espagne que pour le chef d'inculpation de malversation et non pour rébellion, un délit passible de 25 ans de réclusion. Dans son arrêt, le juge Pablo Llarena écrit aussi refuser l'extradition de l'ex-président catalan pour ce seul chef de malversation. Car si le juge de la Cour suprême espagnole avait accepté que Puigdemont lui soit livré, ce dernier n’aurait pu être jugé que pour malversation.

On aurait donc l’ancien président de la région jugé pour un délit mineur, alors que ses subalternes, restés en Espagne, devraient pour leur part répondre d’accusations bien plus graves, notamment celle de rébellion. 

Quant aux autres responsables indépendantistes partis  à l’étranger, trois se trouvent en Belgique, une en Écosse et une dernière en Suisse. Visiblement, le magistrat n’attend pas grand chose des différents tribunaux européens et préfère éviter de nouveaux échecs.

S'il retourne en Espagne, il sera mis en détention

Ces six dirigeants catalans peuvent voyager mais seraient en revanche incarcérés s'ils revenaient en Espagne, où le mandat d'arrêt pour rébellion est toujours en vigueur. Pour retourner en Catalogne, l’ex président doit donc patienter pendant 20 ans jusqu’à ce que les délits arrivent à prescription.

Dans un tweet, l'ex-président catalan a estimé que cette décision était la "démonstration de l'immense faiblesse" du dossier du juge Llarena.

L'incertitude demeure toutefois sur la suite de la procédure, le juge Llarena ayant déjà retiré un premier mandat d'arrêt international contre ces indépendantistes en décembre avant de le réactiver fin mars. 

Si nous accueillons positivement cette annonce, nous devons aussi rester prudents jusqu'à ce que le gouvernement espagnol nous garantisse que c'est la fin de l'affaire

a réagi Aamer Anwar, l'avocat de l'une des cinq autres indépendantistes réfugiés à l'étranger. 

L'un des avocats de Carles Puigdemont, Gonzalo Boye, a salué le retrait des mandats mais a dénoncé :

Cela n'a pas de sens que des faits ne soient pas un délit dans le reste de l'Europe et le soient en Espagne

La justice allemande avait en effet estimé que cette accusation n'était pas recevable en droit allemand car 

Puigdemont  n'était pas le chef spirituel de violences et car les dites violences (ayant eu lieu en octobre) n'étaient pas d'une ampleur suffisante pour justifier de telles poursuites.  

Le juge Llarena a contesté jeudi la décision du tribunal allemand, estimant :

il aurait dû se limiter à vérifier si les faits décrits par la justice espagnole peuvent être qualifiés pénalement en Allemagne plutôt que de chercher l'équivalent allemand de rébellion. 

Dès le début de cette affaire, ce chef d'inculpation apparaissait comme le point faible du dossier monté par le juge espagnol pour obtenir l'extradition du dirigeant catalan, tandis que, même en Espagne, l'accusation de rébellion est sujette à débat.  

"Nouveau ridicule international pour Llarena et la justice espagnole"

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