Hollande à la tribune de l'Onu
Hollande à la tribune de l'Onu © REUTERS/Mike Segar / REUTERS/Mike Segar

Le chef de la diplomatie française a évoqué avec son homologue américain John Kerry le système d'espionnage des Etats-Unis en France. Le ministre dénonce des méthodes "inacceptables".

"J'ai redit à John Kerry ce que François Hollande avait dit à Barack Obama, que l'espionnage tel qu'il a été pratiqué sur une grande échelle de la part des Américains vis-à-vis d'alliés est quelque chose d'inacceptable", lance Laurent Fabius aux journalistes. "Je lui ai dit de nous fournir des éléments d'information rapidement et que ces pratiques cessent."

Un coup de gueule en deux temps qui, s'il n'a sans doute pas impressionné les Américains, a au moins le mérite de les avoir poussés à s'expliquer. Pour John Kerry, cet espionnage massif des citoyens français est avant tout le fruit... de mauvaises habitudes. Il l'a d'ailleurs dit à Laurent Fabius.

John Kerry a répondu que c'était un système qui était hérité d'administrations précédentes.L'entretien entre les deux hommes était déjà prévu. Ils se sont d'ailleurs retrouvés plus tard à Londres. Mais son thème principal a évidemment été bousculé par les dernières révélations.

Les journalistes accusent toujours

De son côté, Le Monde continue ses révélations sur l'ampleur de l'espionnage mené par l'Agence de sécurité nationale américaine en France. Le journal a obtenu des notes internes sur l'utilisation de techniques de mouchards électroniques pour espionner les intérêts français à l'ONU (code Blackfoot) et à Washington (code Wabash). Ces notes sont datées du 10 septembre 2010. Il s'agit de documents techniques destinés aux agents de la NSA qui utilisent les instruments d'espionnage.

Parmi les enseignements tirés de ces documents, on apprend que les Etats-Unis appliquent le programme GENIE qui consiste à poser à distance des implants espions dans des ordinateurs. Plusieurs types d'informations sont captées : directement sur les ordinateurs, sur les écrans et entre les discussions de diplomates.

A quoi ont servi ces données ? A aiguiller les Etats-Unis sur les motivations de la diplomatie française. Un exemple : lors des négociations à l'ONU sur d'éventuelles sanctions à destination de l'Iran en juin 2010, la position de la France n'était pas claire. Elle se disait prête à suivre le Brésil opposé à de nouvelles sanctions. L'espionnage de la NSA a permi à Susan Rice, alors ambassadrice américaine à l'ONU de saisir les motivations de la France, des motivations essentiellement commerciales. La France espérait à cette époque vendre des rafales au Brésil.

Yes we scan, et alors ?

Barack Obama s'était déjà entretenu lundi avec François Hollande pour évoquer le sujet et convenir de poursuivre le dialogue par les canaux diplomatiques. La Maison blanche s'est exprimé par communiqué :

Le président et son homologue français François Hollande ont discuté des récentes révélations dans la presse, dont certaines ont déformé nos activités et d'autres qui soulèvent des questions légitimes pour nos amis et alliés sur la manière dont ces capacités sont utilisées. Le président (Obama) a fait clairement savoir que les Etats-Unis ont commencé à réexaminer la façon dont nous collectons les renseignements de manière à trouver le bon équilibre entre les préoccupations légitimes de nos ressortissants et de nos alliés et les préoccupations sur le respect de la vie privée que tout le monde partage.

Les deux hommes ont convenu de poursuivre un dialogue bilatéral sur le sujet par le truchement des canaux diplomatiques, a ajouté la présidence américaine.

L'espionnage des Français n'est pas la priorité, les précisions d'Aurélien Colly

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L'Upstream, Prism, le moteur de rehcerche X Keyscrore, les VPN, en quatre minutes, Le Mondea réalisé une vidéo très pédagogique pour tout comprendre sur le fonctionnement du système de surveillance de la NSA. [Le Monde a commencé à publier lundi une nouvelle série d'articles](http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/21/les-revelations-d-edward-snowden-un-seisme-planetaire_3499754_651865.html) tirés de documents soustraits à la NSA par un ancien informaticien de l'agence de renseignement américaine, Edward Snowden, aujourd'hui réfugié en Russie. "On constate que sur une période de trente jours, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par la NSA", écrit notamment le quotidien. La NSA s'est aussi intéressée de très près, du 1er au 31 janvier 2013, aux adresses de messagerie wanadoo.fr, rattachée à l'opérateur Orange, et Alcatel-Lucent.com, liée au groupe franco-américain du même nom, écrit Le Monde.
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