Ukraine : l'Est vote pour son "indépendance"
Ukraine : l'Est vote pour son "indépendance" © Reuters

Un référendum d'autodétermination s'est tenu dans l'est de l'Ukraine ce dimanche dans un contexte de tension croissante qui fait craindre un démembrement du pays, et une nouvelle détérioration des relations entre Moscou et les Occidentaux.

Le chef de la "république populaire" autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline, a annoncé que l'armée ukrainienne serait considérée comme une force occupante dès la proclamation des résultats de la consultation. Il a préconisé la mise en place d'organes étatiques dans l'est de l'Ukraine.

Tensions à Slaviansk

Des heurts ont été signalés autour d'un bâtiment de la télévision dans les environs de Slaviansk, place-forte des rebelles, juste avant l'arrivée des premiers électeurs, qui ont dû contourner maintes barricades pour parvenir aux bureaux de vote.

►►► ALLER PLUS LOIN | Ukraine, la nouvelle guerre froide

Les électeurs des régions de Donetsk et Louhansk devaient répondre à la question, inscrite en ukrainien et en russe sur les bulletins de vote : "Soutenez-vous la proclamation d'autodétermination de la République populaire de Donetsk ?"

Ukraine : l'Est vote pour son "indépendance"
Ukraine : l'Est vote pour son "indépendance" © Reuters

Initialement prévue à 22 heures, la fermeture des bureaux de vote a été repoussée à minuit. "Signe, sans doute, que les pro-russes veulent faire durer le plaisir", explique Philippe Randé, envoyé spécial de France Inter à Donetsk.

Le scrutin a été qualifié de "farce criminelle" par le ministère de l'Intérieur à Kiev, évoquant des bulletins de vote "tachés de sang". Pour les autorités de Kiev, ce scrutin, organisé semble-t-il dans une grande improvisation dans une cinquantaine de lieux, est illégal. L'appel à le reporter lancé mercredi par le président russe, Vladimir Poutine, n'a pas été suivi d'effet.

Référendum "nul et non avenu" pour François Hollande

À Marioupol, une ville de 500.000 habitants théâtre de combats particulièrement violents ces derniers jours, seuls huit bureaux de vote ont été ouverts, précisent les autorités. Les files d'attente s'étalaient sur plusieurs centaines de mètres. Dans un des centres, des urnes ont été sorties dans la rue par les autorités et placées contre un mur.

Une sécession de Donetsk et Louhansk, régions sidérurgiques et houillères qui représentent 16 % du PIB ukrainien, porterait un nouveau coup à Kiev après l'annexion de la Crimée en mars par la Russie.

L'Allemagne et la France se sont dites favorables samedi à un durcissement des sanctions contre la Russie en cas de déstabilisation du pays. Moscou dément toute manipulation des événements en cours. Lors d'une visite dans le Caucase, le président François Hollande a déclaré "nul et non avenu" le référendum organisé par les séparatistes, ajoutant que la seule élection qui vaudra à ses yeux est la présidentielle du 25 mai.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.