La candidate malheureuse à la présidentielle américaine publie un récit racontant sa campagne, après une année d'apparitions anecdotiques mais surtout de retrait politique.

Hillary Clinton prononce un discours au Wellesley College (Massachusettsà en mai 2017
Hillary Clinton prononce un discours au Wellesley College (Massachusettsà en mai 2017 © Reuters / Brian Snyder

Après des mois à ne voir qu'eux deux, difficile de faire plus contrastée que l'année qui a suivi la course à la président de Donald Trump et Hillary Clinton. L'un est devenu omniprésent, l'autre quasi absente aussi bien politiquement que médiatiquement. Même Bernie Sanders, adversaire d'Hillary Clinton pendant les primaires démocrates, fait plus souvent parler de lui en opposant obstiné à la politique du nouveau président, depuis son poste de sénateur.

En fait, la dernière apparition officielle et politique (au moins symboliquement) d'Hillary Clinton, c'était lors d'un déjeuner de parlementaires organisé au Congrès, le 20 janvier, peu après la prestation de serment du nouveau président. Ce dernier avait même demandé une "standing ovation" pour le couple Clinton, pour qui il disait alors avoir "beaucoup de respect".

Les neuf mois suivants, on a surtout parlé de la déception d'Hillary Clinton. Si elle la rappelle elle-même dans ses mémoires, "What Happened" ("Ça s'est passé comme ça", en version française), assurant qu'elle a vécu une défaite "traumatisante et dévastatrice", beaucoup avaient déjà évoqué ce moment difficile et la quasi-convalescence dans laquelle il a plongé l'ancienne Secrétaire d'État.

Les candidatures, c'est fini (et tout le monde s'en doutait)

En janvier 2017, une de ses proches (Neera Tanden, conseillère informelle pendant la campagne) assurait déjà qu'elle "ne se présenterait plus jamais à une élection", et qu'elle trouverait "un [autre] moyen de venir en aide aux enfants et aux familles dans les prochaines années, l'engagement de toute sa vie". Des propos confirmés cette semaine par Hillary Clinton : "j'en ai fini avec les candidatures", assure-t-elle.

La déception, on la lisait aussi, déjà, dans les quelques interventions de l'ancienne candidate lors de colloques et autres inaugurations. En marge d'un événement autour de l'ONG Women for Women International, par exemple, où elle affirmait en mai dernier que "si l'élection avait eu lieu le 27 octobre, je serais votre présidente", autrement dit juste avant la reprise d'investigations du FBI sur ses emails, suite à une fuite diffusée par Wikileaks.

Début juin, lors d'une conférence sur les nouvelles technologiques numériques, elle lance une pique à l'encontre de son ancien adversaire, en pleine affaire "covfefe" (un mot mystérieux publié en pleine nuit sur le compte Twitter de Donald Trump), se demandant ironiquement s'il s'agissait "d'un message caché aux Russes".

Chercher des indices sur ce qu'elle pense

Mais entre ces sorties très courtes, très ciblées, et quasi anecdotiques, rien ou presque de la part de celle qui fut pourtant une figure majeure de la politique américaine ces vingt dernières années. Une absence poussant parfois le public et les médias américains à scruter le moindre détail pour y dénicher un message plus ou moins caché. Jusqu'à pousser les internautes, par exemple, à chercher des indices sur une photo d'Hillary Clinton prise par un passager du même avion, zoomant sur le titre du journal (évoquant une affaire de mails personnels de Mike Pence) pour essayer de comprendre ce qui peut bien se passer dans la tête de l'ex-candidate.

Exagéré ? Intrusif ? Peut-être, mais cela montre aussi à quel point une grande partie des électeurs américains aimeraient savoir ce qui se passe aujourd'hui dans la tête de celle qui aurait pu les présider tous. Qu'ils se rassurent : après une première interview donnée dimanche, les dizaines qui suivront sans doute pour faire la promotion de son livre autobiographique, et les premiers détails croustillants déjà diffusés, ils devraient largement pouvoir satisfaire leur curiosité.

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