Les dirigeants européens devraient demander à la Commission européenne de durcir encore un peu plus les sanctions contre la Russie. José Manuel Barroso a prévenu la Russie qu'il ne fallait pas sous-estimer les Européens.

Trouver la réponse adéquate face à l'attitude russe : les précisions à Bruxelles de Grégoire Lory

De nouvelles sanctions contre la Russie ?

La situation en Ukraine est au coeur des discussions du sommet européen. Les précisions d'Yves Izard.

barroso estime que la france va dans la bonne direction
barroso estime que la france va dans la bonne direction © reuters

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se réunissent samedi à Bruxelles pour un sommet durant lequel la situation en Ukraine doit être abordée. Le Conseil de défense et de sécurité ukrainien a déclaré samedi que la Russie continuait d'acheminer du matériel militaire et des "mercenaires" dans l'est de l'Ukraine et poursuivait une "agression militaire directe" dans cette région.

Selon José Manuel Barroso, la situation en Ukraine risque d'atteindre un point de non retour. Pour la président de la Commission européenne, une nouvelle guerre froide serait nuisible à l'ensemble de l'Europe.

A Paris, où il réunissait les chefs de gouvernement socialistes européens, le président François Hollande a indiqué que les sanctions contre la Russie seraient "sans doute augmentées". "Nous n'allons probablement pas décider de nouvelles sanctions, mais en discuter", a tempéré le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, en rejetant toute idée d'aide militaire à l'Ukraine.

Le président ukrainien Petro Porochenko met la pression sur les dirigeants européens

Petro Porochenko a dit samedi attendre de l'Union européenne une "riposte appropriée" à l'entrée de troupes russes dans l'est de l'Ukraine, a indiqué son porte-parole sur Twitter :

L'entrée de forces russes en territoire ukrainien nécessite une réponse appropriée de l'UE.

Selon le président ukrainien, des milliers de soldats étrangers et des centaines de blindés étrangers se trouvent surle territoire de l'Ukraine.

En Russie, les investisseurs s'inquiètent de possibles sanctions. Poutine continue à ignorer les menaces

Ukraine- Russie : l'escalade
Ukraine- Russie : l'escalade © Radio France

Kiev accuse les blindés russes d'avoir détruit un village

kiev accuse les blindés russes d'avoir détruit une ville près de louhansk
kiev accuse les blindés russes d'avoir détruit une ville près de louhansk © reuters

Selon le porte-parole de l'armée ukrainienne, des blindés russes ont attaqué la ville de Novosvitlivka, près du bastion séparatiste de Louhansk dans l'est de l'Ukraine, et "détruit pratiquement toutes les habitations." Les troupes ukrainiennes se sont retirées de certains secteurs à l'est de Louhansk sous la pression des séparatistes pro-russes. "L'agression militaire directe contre l'est de l'Ukraine se poursuit", a dit de son côté le Conseil de défense et de sécurité ukrainien.

Le responsable séparatiste Alexeï Mozgovoï a affirmé que les insurgés contrôlaient désormais près de 50% du territoire des régions de Donetsk et de Lougansk après les récents succès de leur contre-offensive. Ils ont affirmé être en passe d'encercler le port stratégique de Marioupol (460 000 habitants), à près de 100 km au sud de leur bastion de Donetsk, qui se préparait dans le calme à subir les combats. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, a déclaré qu'une partie des soldats ukrainiens assiégés par les rebelles prorusses à Komsomolsk étaient "sortis" de leur encerclement. A Ilovaïsk, où plusieurs centaines de soldats sont également encerclés par les insurgés depuis plus d'une semaine, le commandant d'un bataillon de volontaires a affirmé qu'un couloir avait été négocié pour leur permettre de sortir à condition de laisser les armes lourdes aux rebelles.

La Russie a aussi fait savoir samedi qu'elle souhaitait organiser un "pont humanitaire" pour envoyer de l'aide dans les zones de l'est de l'Ukraine sinistrée par le conflit.

Qui à la tête de la diplomatie européenne ?

Outre la crise ukrainienne, toujours au centre des discussions, ils doivent désigner les successeurs de Catherine Ashton et d'Herman Van Rompuy. Samedi matin, François Hollande a reçu les dirigeants sociaux-démocrates européens pour préparer ce sommet.

Ils se sont mis d'accord pour soutennir Federica Mogherini comme chef de la diplomatie européenne. , succéderait ainsi en novembre à la Britannique Catherine Ashton.

En revanche, le nom du futur président du Conseil, poste qui devrait se jouer entre le Polonais Donald Tusk et la Danoise Helle Thorning-Schmidt, n'a pas été dévoilé.

Deux sommets sur la coissance à l'automne

Deux sommets extraordinaires consacrés à l'emploi, à l'investissement et à la croissance auront lieu cet automne, peut-on lire samedi dans le projet de conclusions du sommet européen de Bruxelles. Selon le texte :

Les statistiques des dernières semaines ont confirmé que la reprise, particulièrement dans la zone euro, est faible, l'inflation basse et le chômage inacceptablement haut.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit y saluent la proposition du président du Conseil italien Matteo Renzi, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, de tenir un sommet européen dans son pays le 7 octobre prochain. Un sommet restreint aux pays membres de la zone euro et consacré aux mêmes thèmes aura également lieu à l'automne, comme le souhaitait le président français, François Hollande.

La croissance européenne en berne
La croissance européenne en berne © Radio France
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