EN CHIFFRES - La libre circulation des travailleurs en Europe est-elle une avancée ou la promesse d'un dumping social institutionnalisé ? Le travail détaché déclenché une vague migratoire d'envergure, que l'UE tente de maîtriser. Une gageure, tant les disparités de revenus sont grandes en Europe.

Un service spécialisé des Douanes allemandes inspecte un chantier de construction à Francfort. L’Allemagne est le premier pays d’accueil de travailleurs détachés en Europe.
Un service spécialisé des Douanes allemandes inspecte un chantier de construction à Francfort. L’Allemagne est le premier pays d’accueil de travailleurs détachés en Europe. © AFP / ARNE DEDERT / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE

Le 29 mai 2018, le Parlement européen a largement adopté la réforme du travail détaché en Europe. Objectif : mieux protéger les travailleurs détachés et limiter la concurrence intra-européenne. À travail égal dans un même endroit, désormais, les travailleurs doivent obtenir un même niveau de salaire. Un progrès manifeste, mais avec des limites : la réforme ne prend pas en compte le différentiel de charges sociales, encore très marqué entre les pays de l’est, par exemple, et les Etats de l’ouest.

Sans surprise, le principal pays pourvoyeur de main d’œuvre en 2016 était la Pologne (260 000 expatriés), et le principal pays de destination l’Allemagne (440 000 travailleurs détachés). La France arrive en quatrième position avec 203 000 travailleurs détachés, sachant qu’elle « exporte » elle aussi 132 000 travailleurs. 

Revenus inégaux

Dans l’Europe des 28, seuls 22 imposent un salaire minimum par la loi. Ce qui n’empêche pas les autres de garantir ce type de revenu par la négociation entre les partenaires sociaux. Reste que les inégalités sont la règle : entre les plus de 2 000 euros mensuels imposés au Luxembourg et les 286 euros auxquels peuvent prétendre les Bulgares, il y a un gouffre. Les pays les mieux lotis sont sans surprise ceux de l’ouest, et les moins bien servis sont à l’est.

Si salaire ne signifie pas pouvoir d’achat, Eurostat estime que l’on retrouve la même fracture européenne lorsque l'on tient compte "des impôts, des cotisations sociales et des prestations sociales en nature monétaire".

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