Plusieurs leaders européens ont annoncé officiellement leur soutien au président autoproclamé Juan Guaido, contre le président en exercice Nicolas Maduro : l'Espagne, la Grande-Bretagne et la France notamment le reconnaissent comme chef de l'État. Emmanuel Macron demande un nouveau scrutin présidentiel.

Le Venezuela voit depuis quelques jours deux présidents se concurrencer : Nicolas Maduro et Juan Guaido
Le Venezuela voit depuis quelques jours deux présidents se concurrencer : Nicolas Maduro et Juan Guaido © AFP / Juan Barreto, Yuri Cortez

C'est désormais un pays qui a deux présidents revendiqués : celui qui a été réélu le 20 mai 2018 (Nicolas Maduro), et celui qui s'est autoproclamé chef d'État par intérim le 23 janvier (Juan Guaido). C'est ce dernier que les pays d'Europe soutiennent l'un après l'autre ce lundi, à l'issue d'un ultimatum lancé par l'Union européenne pour demander une nouvelle élection présidentielle, ultimatum qui suivait lui-même des manifestations massives dans le pays pour réclamer le départ de Maduro.

Les annonces sont tombées en cascade dans la matinée : côté français, Jean-Yves Le Drian puis Emmanuel Macron ont demandé "la mise en œuvre d'un processus électoral", avec Juan Guaido comme président par intérim pour l'assurer...

Même son de cloche en Espagne, où le chef du gouvernement Pedro Sanchez reconnaît Juan Guaido comme "président responsable du Venezuela"...

Au Royaume-Uni, où le secrétaire d'État des Affaires Étrangères parle de Juan Guaido comme du "président constitutionnel par intérim", le temps de convoquer des "élections crédibles"...

Idem enfin en Allemagne, où Angela Merkel assure que "Guaido est la personne avec qui nous discutons et qui doit entamer le plus rapidement possible un processus électoral", le désignant comme "président par intérim légitime" du pays. L'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, le Portugal ou la Suède ont aussi adopté des positions similaires.

Des positions qui s'alignent aussi sur celle prise dès le mois dernier par Donald Trump : le président américain avait rapidement reconnu Juan Guaido comme président. Et il n'exclut pas un envoi de troupes américaines dans le pays, qu'il considère comme "certainement une option".

Comme un parfum de Guerre froide

L'Union européenne et les États-Unis prenant position contre Maduro, il n'est pas vraiment surprenant de voir en face Moscou adopter la position inverse. La Russie, tout comme la Chine et la Turquie, dénonce une "ingérence" européenne dans les affaires du pays. "Nous percevons les tentatives de légitimer l'usurpation du pouvoir comme une ingérence directe et indirecte dans les affaires internes du Venezuela", explique le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. "Cela ne favorise en aucun cas le règlement pacifique, efficace et viable de la crise."

Selon l'ONG Foro Penal, qui alerte sur les violation des des droits de l'Homme, "le Venezuela connaît l'une des périodes répressives les plus graves de ces dernières années" en marge des manifestations de l'opposition pour demander le départ de Nicolas Maduro. Sa réélection en mai dernier est en effet contestée par ses adversaires politiques. De son côté, le président socialiste, qui bénéficient également du soutien de son armée, "refuse de convoquer des élections maintenant. Il y en aura en 2024."

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