La police britannique a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l'empoisonnement de l'ancien colonel du renseignement russe Sergueï Skripal, hospitalisé dans un état critique dimanche en Grande-Bretagne.

L'ex-espion de 66 ans a été retrouvé inconscient dimanche avec une femme d'une trentaine d'années à ses côtés, dans un centre commercial de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres.
L'ex-espion de 66 ans a été retrouvé inconscient dimanche avec une femme d'une trentaine d'années à ses côtés, dans un centre commercial de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres. © AFP / Chris J. Ratcliffe

Comme un air de Guerre froide plane au-dessus de la police britannique depuis la découverte dimanche d'un ex-espion de 66 ans dans un état critique dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Trouvé inanimé sur un banc dans un centre commercial de Salisbury aux côtés d'une jeune femme d'une trentaine d'années, l'ancien colonel russe qui avait avoué livrer des renseignements à la Grande-Bretagne, semble avoir été exposé à une substance toxique, selon la police du comté de Wiltshire.

Les circonstances de l'affaire ont immédiatement fait ressurgir le souvenir de la mort d'Alexandre Litvinenko, un ex-agent du FSB (services secrets russes) et opposant à Vladimir Poutine, empoisonné en 2006 à Londres au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique.

Interrogé à Moscou au sujet de Sergueï Skripal, un porte-parole du Kremlin a affirmé n'avoir "aucune information" : "Nous n'avons pas d'informations concernant les raisons [de son empoisonnement], ce que faisait cet homme, à quoi [son empoisonnement] pourrait être lié."

Moscou prêt à "coopérer"

Sergueï Skripal a travaillé jusqu'en 1999 dans les services de renseignement pour l'armée russe, obtenant le grade de colonel, selon l'agence de presse russe TASS. En 2004, il a été arrêté par les services de sécurité russes (FSB, ex-KGB), accusé de "haute trahison" au profit des services secrets britanniques qui l'auraient recruté dès 1995.

Lors du procès, Skripal avait reconnu avoir révélé au renseignement britannique l'identité de plusieurs dizaines d'agents secrets russes opérant en Europe, contre plus de 100 000 dollars (78.000 euros, taux en 2006), selon la même source.  

Avec trois autres agents russes, il avait fait l'objet d'un échange en 2010 contre dix agents du Kremlin expulsés par Washington, dont Anna Chapman, une jeune femme d'affaires russe surnommée la "nouvelle Mata Hari" à New York.  Cet échange, au terme duquel il s'était réfugié en Angleterre, était le plus important depuis la fin de la guerre froide.

Mais le Kremlin affirme que l'homme ne représentait plus un danger pour la Russie et se dit à la disposition des enquêteurs britanniques. "Personne n'a pour l'instant demandé" à Moscou de participer à l'enquête, a indiqué ce même porte-parole, soulignant que "Moscou est toujours disposée à coopérer".

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